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Le Pottok : à la croisée des sentiers de la montagne basque


Les 300 000 touristes qui montent tous les ans, durant l'été, dans le petit train de la Rhune sont unanimes sur la question : la montagne Basque ne serait pas tout à fait ce qu'elle est s'il n'y avait pas les pottokak qui pâturent en totale liberté sur les flancs de cette montagne mythique.

Pottok2La Rhune n'est pourtant pas le seul site qui accueille les derniers représentants de ce pastoralisme millénaire si particulier au Pays Basque ; on peut aussi parler de l'Artzamendi (montagne de l'ours) et du Mondarrain sur Itxassou mais aussi Ursuya et Baigurra (montagne des sources) sur Hélette et Hasparren.
« Combien sont-ils ? » est la question que posent le plus souvent nos visiteurs, suivi de « à qui appartiennent-ils ? ». Questions auxquelles il est encore difficile de répondre car malgré les milliers d'années de présence dans nos montagnes, le Pottok a parfois du mal à figurer dans les statistiques administratives, même si la situation tend à se régulariser.

En effet avec son collègue « Betizu »(dernière vache sauvage du Pays Basque), et la renaissante « Sasi ardi » (brebis des broussailles), il constituait le seul bien du cadet de la ferme qui, n'héritant pas d'une exploitation, essayait de se constituer un petit pécule en animaux.
Ces animaux pâturaient dans les terres « vacantes » ou inutilisées et dans les parcours communaux sans jamais utiliser les terres de l'exploitation principale. Cela était possible grâce à l'extrême rusticité de ces animaux mais aussi grâce à l'utilisation possible, toute l'année, de ces moyennes montagnes du fait de l'absence de neige en hiver et un climat plutôt clément assuré par la proximité de l'océan.

Pottok3À partir du milieu du XXè siècle, la donne va changer ; on assiste en effet à des défrichements considérables dans le piémont Basque. L'espace du Pottok se réduit rapidement et son « pasteur » attiré par un travail plus rémunérateur quitte sa montagne pour la ville ; cela affaiblit considérablement cette société rurale de montagne en équilibre depuis des siècles.
L'éleveur de pottok vieillit et son troupeau perd de sa superbe. On craindra même pour sa pérennité dans les années 70.
Quelques passionnés créeront, à ce moment-là, une association pour sauver cet élevage : ce furent les débuts de l'Association Nationale du Pottok.
Des concours furent organisés autour d'un standard qui se voulait représentatif de la race, tout en visant à l'améliorer afin d'en faire un bon poney comme semblait le demander le marché des poneys clubs, dans un engouement pour l'équitation des enfants en nette augmentation dans les années 80 à 2000.

Certains éleveurs s'engagèrent même dans les compétitions avec des résultats en concours complet ou plusieurs titres de champion de France vinrent couronner ces efforts. Preuve était faite, s'il le fallait, qu'avec un peu de travail et quelques choix rigoureux, il y avait dans cette race rustique des sujets susceptibles de rivaliser avec les meilleurs, fussent-ils Anglo-saxons...
Ces premiers « inventaires » font apparaître l'existence d'environ 5 ou 600 juments pour une soixantaine d'étalons et à peu près autant de propriétaires. Ce cheptel subira une légère augmentation pour culminer, les premières années du 21è siècle, à environ 800/900 juments et une centaine d’étalons.

Pottok4À partir des années 2010, cette embellie semble marquer le pas avec l'arrivée de la crise ; les marchés se tassent et les éleveurs se retrouvent dans l'incertitude pour assurer un avenir serein à cet élevage qui participe par ailleurs à l’écosystème de cette moyenne montagne, en gardant un milieu ouvert et accueillant, d'autre part si apprécié des visiteurs.

En ce début du 21è siècle, deux « formes » d’élevage semblent se proposer au pasteur basque :

   * Le traditionnel, peut-être faudrait-il dire « l'immémorial » que l'on peut aussi parfois considérer comme de « cueillette » ou l'on prélève la production de l'année (qui n'est pas gardé pour la pérennité du troupeau), souvent sous forme de poulains de six mois, vendus la plupart du temps sans éducation, laissant la plus-value de cette manipulation au propriétaire suivant.

   * En face de cette « tradition », on trouve les adeptes d'un élevage de proximité ou l'animal est, une partie de l'année, élevé en prairie et même parfois en box avec des exemplaires les plus grands ou avec les meilleures origines pour essayer de viser le marché du sport ou du loisir. Mais, si là le marché est plus rémunérateur, la concurrence est plus grande.

Pottok5La solution semble être une voie médiane qui consiste à utiliser au maximum les pâturages de montagne mais cela passe par une certaine « organisation » de l'espace : il faut alléger les zones surpaturées pour mieux utiliser les zones qui se ferment. De nouvelles négociations semblent nécessaires avec les propriétaires des terrains, communes ou particuliers.

Cette évolution demande aussi de contrôler davantage le cheptel, nécessité qui devient un avantage car cette manipulation participe à leur éducation ; on repère aussi de cette manière les souches un peu difficiles, ce qui conduit à une sélection sur un caractère plus « utilisable ».
Avec un animal plus manipulé et que l'on déplace facilement, on peut aussi utiliser des pâturages de haute montagne durant l'été, pâturages qui se libèrent de par l'intensification des autres formes d'élevages et de leur retour dans les bergeries de la plaine.

On le voit, il faudra encore beaucoup cogiter pour produire le Pottok du 21è siècle. Mais des voies existent qui devront toutes privilégier le maintien des conditions de productions peu coûteuses pour un animal qui devra conserver ses qualités de rusticité, de franchise et même d'astuce tout en mettant en valeur ses qualité sportives et d'utilisation. Il faudra par ailleurs qu’il continue à rester un élément essentiel dans ce que l'on appelle l'entretien de la montagne Basque.

Pottok6Visiblement, le sentier est étroit pour cet animal si attachant. Il l'est aussi pour son éleveur par ailleurs si jaloux de son indépendance et de ses savoirs faire mais qui devra accepter de discuter avec ses collègues pour la mise en place d'un système de pastoralisme adapté à ce début de 21è siècle par ailleurs si déstabilisant.


Logo pottokAssociation Nationale du Pottok
Maison Piarrestea - 64640 Hélette
06 03 29 13 11
http://www.anpottoka.fr

 

 

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