Barbet 2Feu le Barbet : une race en voie d'extinction ...ou pas ?


Un standard rédigé il y a plus de 100 ans ou une race disparue depuis 100 ans ? Une race qui s'est éteinte en 1940 d'un coup de linceul et a été ré-incarnée dans les années 1980 ?

Fig. 1
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 2
Définitions :
« Chien barbet » (fig.1 & 2) : un nom générique donné à tous les chiens, peu importe la taille avec un poil long, qui portaient une barbe, et du poil sur le museau (contrairement aux épagneuls). Ce poil est long, frisé ou ondulé et rude (rough coated -waterdog, en anglais) pour un chien de taille moyenne, dont la taille n'excède pas 55 cms. Les caniches, chiens lion, bichons, griffons à poil laineux, briards font partie de cet ensemble. Les Barbets adorent l'eau et ont un sous poil laineux qui les isole de l'humidité et du froid. L'apport de Barbet dans bien des races canines aurait été pour son sous-poil qui les protège des intempéries.

Larousse, 1972 : barbet, -ette adjectif et nom (de barbe). Griffon à poil long et frisé, d'un blanc sale.

Race éteinte ou pas ?
Peu de naissances depuis 1980, lorsqu'un club a été crée. Peu de naissances avant 1970. Notre Barbet national était caché dans le sud de la France et jalousement gardé pour la chasse dans les marais de la Camargue par une famille qui détenait ce qui nous restait de la souche ancienne.
Et pourtant, selon les « anciens » on en voyait partout dans les campagnes et même au Halles de Paris, après la 2è guerre mondiale. Un chien du peuple...un chien rustique.

Fig. 3 & 4
Fig. 3 & 4
En 1967, le Pr. Luquet faisait référence aux races nationales dans un article dans la revue de la SCC. Leur décrépitude et leur disparition et les constatations d'observateurs les plus impartiaux :
« Peut-on dire, mis à part les Epagneuls Bretons, et les Caniches, le nombre de races françaises qui ont véritablement progressé et qui ont la faveur du public ? L'épagneul de Pont Audemer? L'épagneul Picard ? Le Griffon Boulet ? Le « glas » a sonné pour le Braque Dupuy et avec beaucoup de difficultés on essaie de faire vivre le Barbet.
En parlant du Barbet, en 1982, le Pr. Luquet disait aussi : « Un de ses meilleurs défenseurs vient de se rendre compte des bâtons que l'on mettait dans les roues de son entreprise, entreprise pourtant désintéressée, par suite de l'application de règlements d'origine germanique dénués de bon sens et ne correspondant guère à l'esprit français. Il y a là une certaine incompréhension qui nuit à ceux qui cherchent à défendre le riche patrimoine que constituent nos races canines autochtones. »

Alors, pour le barbet : tout dépend de vos références, vos connaissances et de l'histoire. Barbet générique ou race Barbet avec un standard ?
Ahhhhhhhh, l'histoire?!
Ca ne sert à rien, on dit ! C'est que de la poussière...Il faut regarder devant et pas derrière. Sauf que les vrais historiens disent que le passé forge le futur.
Une race qui tombe entre des mains inexpertes ou paresseuses et la race s'en va.
Où? Pour ce qui concerne le Barbet ? A l'étranger, pardi. Une race nationale française reprise à l'étranger et gérée de l'étranger ! Qu'on explique cette fameuse histoire, dont la France détient le standard.

A-t-on le droit d'hurler à la mort......ou pas ? Certains juges SCC ont tenté de tirer la sonnette d'alarme. En vain, alors que ce sont les juges qui, avec les clubs décident de l'avenir d'une race et sont responsables de notre apprentissage d'une race canine. Cet apprentissage se fait lors des classements en expositions canines, sans toujours la pédagogie qui devrait ou pourrait être appliquée. Après tout, ils sont les juges et savent tout, ou pas ?!

Fig. 5
Fig. 5
En France, nous avons récupéré le Caniche (standard rédigé en Allemagne vers la fin du 19è siècle, et non en France) de l'Allemagne et l'histoire du Caniche et du Barbet se confondent pendant 200 ans : Wassehund, rough-coated water dog( chien à poil rude), Pudel = poodle=>chien cane=> caniche, tous des chiens à barbe = barbet. Nous partageons les gravures, tableaux. Tantôt un caniche, tantôt un barbet. Ce n'est que vers 1860 qu'une différenciation se fait (fig.3/4) . A l'exposition du jardin zoologique d'acclimatation, en 1863 : un Griffon avec une barbe qui ressemble curieusement aux Griffons-Barbets de l'affixe de Floirac des années 1930 et aussi ceux du Docteur Vincenti, affixe du Mas de la Chapelle et ceux que nous essayons de perpétrer au 21è siècle avec beaucoup de mal et de bâtons dans les roues, comme par le passé ...En passant : les Epagneuls, tels l'Epagneul d'Eau Irlandais (Irish Water Spaniel) et l'Epagneul d'Eau Anglais (fig.5)race éteinte, les Epagneuls Français et Anglais n'ont pas de barbe, mais vont aussi à l'eau! Cela étant une autre histoire, ils font partie des chiens à poil long, c'est-à-dire sans poil sur le museau.

Tous connaissent l'expression française : crotté comme un Barbet.... Et suivre quelqu'un comme un Barbet. Hélas, ça s'arrête là pour cette belle race dont la souche ancienne est gravement menacée d'extinction dans son pays d'origine au 21è siècle. Comme c'est arrivé déjà avec des poules, des lapins, des ânes et autres espèces de ferme : cochons, vaches ou des espèces sauvages. Peu importe. On en parle, on en parle, blablabla et un jour. Mince ! C'est fini. Mais oui, nous vous l'avions dit, mais c'est tellement plus intéressant de parler de gens, de politique, d'élections.
Un chien, il y en a plein, alors pourquoi tout ce tapage pour une race à si faible effectif ?
Effectif-ement, on se le demande....pour vouloir tout simplement préserver un fleuron de notre patrimoine canin français. Il a contribué à beaucoup d'autres races canines, mais encore ?

Oui, mais le Barbet, ben c'est le Barbet et pas le Caniche car plus personne n'a besoin de le défendre, lui. Il a envahi le monde. Le Barbet n'envahira jamais le monde...lui.

Caractère et environnement :
C'est un chien rustique, et unique qui sait tour à tour être frénétiquement joyeux surtout quand il est au bord d'un étang et être grand amateur de siestes confortables. C'est une grosse boule de poils sympathique et un chien généreux. Un Barbet peut être de tous les voyages, de toutes les balades, de tous les pays, du moment qu'il est avec ses maîtres, il est bien partout.

Côté pratique :
Étant un rustique dans l'âme, il ne prétend certes pas à l'élégance.
L'intérieur de ses oreilles doit être épilé régulièrement.
Son poil long pousse en permanence. Il est défini en tant que chien à poil long, c'est-à-dire à partir de 7 cm. On peut le tondre à l'approche de l'été. Il ne perd pas ses poils, et nécessite un entretien régulier, sinon gare aux nœuds.
On dit qu'il convient aux personnes qui souffrent d'allergies.

Utilisations :
Il fut autrefois « bon à tout », il est devenu peu à peu, du point de vue utilitaire, très spécialisé : chien de marais. Aujourd'hui, très peu de sujets maintiennent cette tradition alors qu'en 1986, il est passé du 7è groupe des Griffons de chasse au 8è groupe. Heureusement, qu'il sait trouver sa place au sein de la famille en tant que compagnon et son intelligence fait qu'il se plie à de nombreuses disciplines tels que l'agility, la chasse aux truffes, le canicross. Certains essaient cependant de maintenir son instinct de rapport naturel, car tous les Barbets ne sont pas fan d'eau ni de rapport.

Fig. 6 à 9
Fig. 6 à 9
Fig. 10
Fig. 10
Repères chronologiques :
Dès le 16è siècle, il est question de ce chien dans « Maison Rustique ». En 1573, Fouilloux cite le Barbet dans son traité sur la chasse. En 1768 encore, le Barbet est décrit : Les Barbets sont chiens à gros poil frisé, qui vont à l'eau et qu'on dresse à la chasse au canard. On tond les Barbets et de son poil on fait des chapeaux.
Corisande, une des maîtresses d' Henri IV, se rendait à la messe en compagnie d'un fou, d'un singe et d'un Barbet (probablement un petit caniche-barbet).
Buffon fait état d'un grand barbet et d'un petit barbet dans son Histoire Naturelle, circa 1760. (fig.6)
Jusqu'à Louis XV, le Barbet (petit barbet ou caniche/chien cane, pudel) était présent au chenil royal, et il existe plusieurs tableaux le représentant à la chasse au canard ou au cygne. Il rapportait le gibier d'eau comme peint dans les tableaux de Jean Baptiste Oudry (18è siècle) (fig.7)
Le Barbet était très apprécié par nos ancêtres pour la chasse à la sauvagine, sa spécialité étant d'aller à l'eau par tous les temps et par plaisir, comme de nos jours.
Son déclin se précipite au XIXè siècle avec la sélection faite sur le Barbet pour en faire un chien de compagnie qui s'appellera le Caniche et l'apparition de races anglaises avec un poil qui ne demande aucun entretien par rapport à celui du Griffon Barbet n'a pas facilité les choses.

Le Caniche, un chien fin, élégant, sautillant et une race très populaire dans le monde entier alors que le Barbet est resté un chien rustique, lourd, lent, un chien de ferme, chasseur de gibier, gardien de troupeau. Il va se mélanger avec des chiens de berger et les bergers à poil long de type briard vont apparaître au 19è siècle. Les paysans chasseurs vont également croiser le barbet avec des chiens d'arrêt, et le type griffon-barbet (braque x chien de berger) va apparaître dans la première moitié du 19e siècle. (fig.8)

Malher fera un très beau dessin d'un couple de Griffon Barbets pour la Manufacture de Saint-Etienne. (fig.9) P. Mégnin parle du « Vieux Barbet », comme d'autres auteurs pour d'autres races canines. (fig.10)

C'est pour ce chien qu'un standard a été rédigé. Afin qu'il perdure. Le chien berger de la Crau lui, aussi à très faible effectif, dans la plaine de la Crau, à côté de la Camargue a été utilisé pour une retrempe avec un Barbet. Après plus de 150 ans d'existence aussi, il est aussi menacé, son standard a enfin été rédigé...mais ce n'est pas gagné pour lui, non plus.
La raréfaction des terrains de chasse favoris (les marais) a conduit à son abandon au profit des griffons à poil dur, braques et autres setters ou épagneuls (moins d'entretien).
Tout au long de son histoire, les auteurs cynophiles ne se sont jamais lassés de saluer son excellent caractère, sa grande aptitude et sa bonne volonté à apprendre facilement ce qu'on lui enseigne.

Fig. 11
Fig. 11
Fig. 12
Fig. 12
Lorsque je me suis intéressée au Barbet, j'ai commencé par faire des recherches sur la race, les lignées, les éleveurs. Je me suis vite rendue compte qu'il y avait peu d'information à son sujet. J'ai retracé des lignées anciennes à Mr Le Houelleur
(Fig.11) et au Docteur Vincenti dans les années 30, dans le sud de la France.(Fig. 12)

Une lignée du Barbet ressemble beaucoup au chien de Crau car il y a eu un apport de sang de chien berger de la Crau. Quel honneur ! 2 vielles races rares françaises. Cela ne fait tout de même rien avancer pour son sauvetage.
Le Vieux Barbet ne ressemble pas à un Caniche, ni à un Chien d'eau espagnol, ni à un Chien d'eau portugais et a sa place au sein des races françaises...

Fig. 13
Fig. 13
Le Barbet est un chien d'arrêt de la famille des Griffons. Il figure parmi les pères fondateurs du Griffon Korthals. Le Griffon Boulet, une race qui serait éteinte de nos jours, avait du sang de Barbet. Le Briard et le Beauceron aussi.
Le Griffon Barbet est décrit dans de nombreuses publications au cours du 20è siècle par des auteurs tels que Megnin, Castaing, Méry.

Son standard rédigé en 1886 en tant que Barbet d'arrêt de la grande famille des griffons donne les grandes lignes de sa morphologie, ses aptitudes et son caractère.
De Coninck l'appelât Barbet d'arrêt, chien de chasse et établira un standard en même temps que pour les autres races de chien d'arrêt (Fig.13).

On appellera ce Griffon-Barbet tout simplement Barbet ce qui entraînera une confusion chez certaines personnes et des informations tronquées diffusées depuis de nombreuses années n'aident pas à éclaircir la situation sur ses origines qui ne remontent pas au barbet de Buffon d'il y a presque 300 ans.
Comme pour beaucoup de races canines, la deuxième guerre mondiale a failli sonner le glas du Barbet d'arrêt rustique si ce n'était pour la collaboration de 2 éleveurs, un à Floirac et l'autre à Tarascon qui ont travaillé ensemble pour perpétrer la race. Par la suite, une famille de chasseurs, dénommée Ayme, à Graveson, proche de la Camargue, a pris le relais et a jalousement gardé la souche de chasse qui existait encore (Fig.12). En 1970, Mme Pêtre fille de l'éleveur de Tarascon, le docteur Vincenti, a repris l'élevage avec la souche de son père.

Fig. 14
Fig. 14
Cette souche du « Vieux Barbet » est celle gravement menacée d'extinction. Un chien de taille moyenne avec un poil soyeux long frisé, laineux qui ressemble un peu au poil de l'Irish Water Spaniel. Le Vieux Barbet a été interdit de reproduction dans certain pays et il est difficile de faire confirmer ses descendants (Fig.14). Pourquoi? Un club de race ne se doit-il pas de favoriser une race dont elle est sensée s'occuper ?
De plus, une race manacée d'extinction !

Il existe une deuxième souche, le Barbet Moderne d'origine « Parisienne ». En effet, au début des années 1980, un Jean Claude Hermans, cynophile et juge de race SCC décida de re-créer le grand Barbet de Buffon. Il a fait le tour des SPA de la région parisienne et le fruit de ses recherches ? Un chien typé Griffon et une femelle genre caniche (chien cane), tous deux sans origines, qui auront une descendance qui sera ensuite recroisée avec des caniches et des caniches et des caniches. Des bâtards confirmés à Titre Initial. Le président du club à l'époque a refusé de prendre en compte la souche ancienne des chiens de Mme Pêtre, LOF et inscrits à la SCC depuis le début des années 1970. Il les a méthodiquement écartés, ainsi que leurs éleveurs, de sa sélection en favorisant les métis typés caniches. La principale couleur étant le noir. L'objectif était de refabriquer le Barbet générique de Buffon dans les années 1980. Il s'agissait de recroiser des caniches et de faire le travail en arrière jusqu'au barbet de 1760.

Fig. 15
Fig. 15
Si on a du mal à prouver que la vieille souche aurait pour origine un croisement de Braque d'Auvergne avec un Bouvier de Flandres, alors imaginez... !
Le résultat a été des chiens de plus en plus grands, très frisés et qui ne correspondaient plus au standard qui de ce fait , a été modifié plusieurs fois pour mieux « coller » à la production.(Fig.15)

Le standard défini le modèle de la race les éleveurs doivent le suivre à la lettre (Fig 16 page suivante). L'on constate un grand décalage entre ce standard et de nombreux chiens typés caniche, comme on pouvait s'y attendre la retrempe non maîtrisée avec le caniche fût une catastrophe pour la race. Ne voit-on pas maintenant de plus en plus de Barbets à l'ossature fine aux côtes non développées aux chanfreins longs et fins, un poil très crépu sec et fin et un chien de plus en plus grand ... cette décision a sonné la fin du Barbet ou Vieux Barbet, qui plus est, d'un coup la taille ayant augmenté, on a perdu les quelques qualités de chasse existantes (quête inexistante, manque de nez ...certains chiens ne savent ni nager, ni rapporter).

Fig. 16
Fig. 16
Le Barbet Moderne a donc pour origine une portée de 1983 entre 2 chiens sans origines, dénichés dans des SPA autour de Paris. J-C Hermans a organisé plusieurs croisements avec des caniches contre l'avis de la présidente du club du Caniche de l'époque Mme Brestecher, et ensuite un croisement avec un Chien d'eau Portugais, en Bretagne.
Cette race moderne a donc aujourd'hui 30 ans. Elle n'est nullement menacée d'extinction.

Le standard ayant été ensuite modifié plusieurs fois pour éliminer les sujets typés griffon qui provenaient de la souche de Mme Pêtre et coller au plus près au nouveau Barbet. Il en a été de même avec le travail de collaboration entre un éleveur allemand, M Georgii et Mme Pêtre. Il a apporté du sang neuf, en 15 ans avec 1 retrempe avec un Chien d'Eau Barbet 15Espagnol, 1 retrempe avec un Chien d'Eau Portugais et 1 retrempe avec un Irish Water Spaniel destinée elle à apporter du sang neuf à l'Irish et non pas au Barbet. La retrempe est reconnue aux Pays Bas et non en France.
Lorsqu'on croise 2 races on sait très bien qu'une partie de la portée métis ressemblera au mâle et une à la femelle (E Gayot, LE CHIEN 1865). Si les métis ne sont pas correctement sélectionnés, c'est la catastrophe.
La sélection de la vieille souche se faisant sur le type griffon et celle du moderne sur le type caniche...et au bout de 3 générations, on revient au type d'origine.
Pour le Vieux Barbet, le type griffon-barbet et pour le Moderne : le Caniche.

Il en a été de même jusqu'en 2013. Le club semble vouloir agir pour la race.
La souche du Vieux Barbet fait partie des races à faible effectif et se trouve menacée d'extinction dans son pays d'origine.
La situation est aujourd'hui catastrophique : 18 naissances en 2012, 25 en 2013.
2000 : 7 !
1981 : 23
1982 : 24
1983 : 80
1984 : 56
1985 : 47

Barbet 16Barbet 17Une race est menacée d'extinction car méconnue dans son pays d'origine, comment faire pour tenter de la sauver ???
Difficile de concurrencer le Caniche, aussi français.
Difficile de travailler avec un club qui ne connaît pas la race qu'elle gère, entre autres races, qui ne sont pas en voie de disparition.
Le Barbet souffre donc de la non-gestion de la race dans son pays d'origine et les quelques éleveurs amateurs se sont découragés. Aucun plan d'élevage, aucune aide pour les supporters de la souche ancienne et un refus de communication, ainsi que la non-reconnaissance des retrempes ajoutent à la confusion. Ces Barbet 19informations se trouvent sur une database non officielle suisse, bien organisé qui fait état des retrempes (en affichant les pedigrees sans faire les liens), et un autre site, suisse encore, fait état d'étalons sélectionnés sur leur taille et la qualité de leur poil, ne prend pas en compte la souche ancienne.

A savoir que dans presque toutes les races, il existe des pedigrees fait « maison » et dans une race si petite, le contraire serait impossible car la race aurait déjà dégénéré. Encore une fois, des informations largement frelatées circulent!
Des « amateurs » arrivistes et affairistes, pas soucieux de la préservation de la race, désirent tout vendre au plus haut prix, éliminer les autres chiens Barbet 20que les leurs et leurs amateurs dans la foulée.

En 2012, la Société Centrale Canine et ses éminences grises ont gentiment accepté de participer à un Symposium international mis en place par le club et sur lequel a travaillé avec acharnement pendant plusieurs
mois quelques membres du comité du club, afin de faire le point sur la « race » et de la faire évoluer. Les barbetiers du monde ont répondu « présents » à l'appel. Certains sont venus du Canada, de la Suède, de Pologne...imaginez !
Hélas, quelle déception...La SCC, pleine de bonne volonté envers la race n'est pas en mesure de traiter des problèmes de conflits personnels qui pourrissent la vie du Barbet depuis plus de 30 ans. Il n'y a eu aucun échange et le feu a été mis aux poudres.
Depuis cette date, aucun compte rendu n'a été fait.

La diversité génétique ? Une retrempe de temps en temps avec une souche ancienne sur laquelle on sélectionne uniquement sur ...le poil frisé. Les mâles utilisés à répétition ne sont que ceux avec le poil ...frisé, crépu et à la taille au garrot aussi grand que possible (60+cms, 30kgs). Tous les mâles de souche ancienne (autour de 54/55 cm au garrot, 22/24 kg) sont écartés, encore en 2013. On ne parle que de pourcentage de consanguinité et non des autres aBarbet 18spects de la race ni de son utilisation.

Il est à noter que l'on rencontre encore des Barbets " non génétiquement modifiés" comme si la nature réelle de la race ne veut pas s'éteindre preuve visible et intangible que le type originel de la race est bien toujours présent et a su perdurer malgré toutes les erreurs du passé. La nature demeure la plus forte. Les couleurs du Vieux Barbet reviennent petit à petit, mais clouées au pilori car elles sont les couleurs des chiens dits de « chasse ». Les couleurs diverses et naturelles du Barbet ont toujours fait la différence car elles ne sont pas toutes des couleurs de chiens du 8è groupe, mais du 7è.

Pendant encore combien de temps pourra-t-elle subsister et se battre ? ? La variété du Barbet moderne prend le pas sur la vielle souche du Barbet, mise au placard (avec ses amateurs).

Il est dommage qu'en comparant le type évolué à celui du départ, on ait presque une " race nouvelle » à défaut de reconnaître une variété moderne.
Les utilisateurs, gens effacés, subiront la loi du plus fort. Ils assisteront impuissants à l'assassinat d'une race qui leur donnait satisfaction. Alors, que faire? Attendre la fin ou se battre ?

Le Barbet : menacé d'extinction? Le substantif, non. Le Barbet moderne, non.
Le Vieux Barbet, oui.
La solution la plus simple ? 2 variétés...car elles existent; il faudrait « juste » l'officialiser et le reconnaître.
Si nous parvenons au 21è siècle, à reproduire le Barbet des années 1860, et fixer la vieille race, ce serait un grand succès ●


Un des buts primordiaux d'un club est d'assurer le progrès des qualités des races, ou au moins leur maintien si, par hasard, la perfection est atteinte déjà, la concurrence étant le meilleur stimulant.
Sans doute, au sein d'un club, la concurrence existe entre les éleveurs, chacun de ces derniers nourrissant l'ambition de produire mieux que les autres.
Mais l'éleveur subit la tendance du club, et celui-ci par son action et ses directives, peut faire évoluer la race dans un sens ou dans l'autre, bon ou mauvais, ou jugé tel.
Il peut aussi la confiner dans une stagnation préjudiciable à tout progrès.

La personnalité d'un dirigeant de club peut amener d'excellents éleveurs à se retirer du club, de même des querelles, peut être mesquines, mais hélas, fréquentes.
Un secrétaire de club qui reçoit de nombreuses demandes de chiots..vente de chiots. .tandis que d'autres éleveurs, produisant mieux, ne trouvant pas le placement de leurs chiots, sont amenés à laisser d'excellentes lices vides, ce qui peut porter préjudice à l'avenir de la race...

Supposons que des dirigeants du club, par une habile propagande, fassent admettre par la majorité de ses adhérents ou par seulement les plus influents, l'opportunité de faire évoluer la race dont ils "s'occupent" au point d'en arriver à la modifier tellement qu'une révision du standard s'impose.

Par exemple, un chien qui faisait 45cms soit monté à 55 et plus (66 cm au jour d'aujourd'hui). Tout le squelette sera/est modifié, ainsi que ses aptitudes et même son moral. On substituera peu à peu non seulement un type différent à l'ancien, peut être même plus qu'une variété....voilà qui est fait.

Un jour après plusieurs années, en comparant avec le type évolué à celui du départ, on aura "presque une " race nouvelle.
Jean Castaing
Le chasseur français - Avril 1954.


Document réalisé à partir d'archives personnelles, des historiques d'acteurs de la race : M Philippe Séguéla, Mme Françoise Loiseau, M Jean Claude Hermans, Mme Hélène Pêtre et Mr M. Rainier T Georgii (membres d'honneur du club du Barbet, Lagotto et autres chiens d'eau) de documents de Mme Josette Grasset, et celle de Tomasz Targowski ont été inestimable pour la rédaction de cet historique ainsi que celle de la database du Barbet qui devait servir de sujet de discussion lors du symposium 2012.


 Elaine FICHTER, © 2013 reproduction interdite (17/04/13)
Barbets en Bresse, France.
http://www.barbet-frenchnationaltreasure.com/ - http://griffonbarbet.centerblog.net/ - http://frenchwaterdog.org/

 

 

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