Verdier himalaya teteLe verdier de l'Himalaya (Carduelis spinoides)


Le Verdier de l'Himalaya est un passereau de la famille des fringillidés. Il compte deux sous espèces : Carduelis spinoides heinrichi et Carduelis spinoides spinoides. C'est un oiseau sociable qui vit en colonies lâches. On le rencontre en Asie dans les montagnes jusqu'à 4 400 m, il fréquente les collines, les hauts plateaux, les lisières de forêts et les cultures.
Il couvre un large territoire de la Chine au Népal, de l'Afghanistan à l'Inde, et du Vietnam à la Birmanie.

Description
Le mâle verdier de l'Himalaya se reconnaît aux marques noires et jaune vif très accentuées sur la tête. L'œil brun, est souligné d'un large sourcil jaune, plus ou moins marqué d'intensité suivant les individus et aussi la sous espèce. Le croupion, tout le bas du corps et le collier autour du cou sont d'un jaune vif. Le reste du corps est verdâtre mélangé de noir. Les ailes sont sombres avec des traces de noir, de blanc et une barre alaire jaune. La queue est sombre sauf sur les rectrices centrales qui sont jaune. Le bec est conique, de

Doumergue agate - Mondial Tours 2011 - Elevage Patrick Brizard
Doumergue agate - Mondial Tours 2011 - Elevage Patrick Brizard
couleur chair. Les pattes sont de couleur brunâtre.
La femelle ressemble au mâle mais en plus terne. La teinte générale est olive noirâtre. Le jaune du croupion, des ailes et de la queue est plus pâle. Le plumage noir de la femelle est plus diffus, le dessin de tête est moins foncé et moins prononcé que le mâle.
Les petites et moyennes couvertures sont brun sombre chez la femelle et jaune vif à olive chez le mâle.
Les juvéniles comme leurs cousins européens sont fortement striés, mais avec des stries beaucoup plus fines.

Reproduction
La nidification à lieu en colonie lâche. Le nid entièrement exécuté par la femelle se compose d'une coupe soignée faite de mousse, racine et lichen, récupérés souvent sur l'arbre qui l'abrite et le rend plus mimétique envers les prédateurs. L'intérieur est tapissé de duvet végétal, de poils d'animaux et de radicelle. La ponte compte une moyenne de quatre œufs de couleur blanc bleu à verdâtre, avec quelques points roux. La femelle assure seule la couvaison pendant 13 jours environ.

Elle est nourrie au nid par le mâle, puis les deux parents s'occupent de l'élevage des poussins. Les petits restent au nid environ 18 jours, puis se dispersent aux alentours tout en quémandant leur pitance aux parents. Une dizaine de jours plus tard ils se nourrissent seuls, mais restent en contact avec leurs géniteurs.

Chartier pastel - Mondial Tours 2011 - Élevage Patrick Brizard
Chartier pastel - Mondial Tours 2011 - Élevage Patrick Brizard
Mon expérience d'élevage
En reprenant mes cahiers d'élevage, je vois que j'ai débuté l'élevage avec un couple d'oiseau acquis dans une animalerie et non bagué, en 1979. A l'époque j'élevais aussi des verdiers d'Europe en mutation et des verdiers de chine. Les nouveaux arrivants sont nourris du même mélange. Une base de mélange canari enrichi de cardi et de petit tournesol. Les oiseaux sont logés en volières extérieures de 2m de long, 1.5 m de large et 2,00 m de haut. Début avril, j'installe dans chaque angle de la volière un fagot de cyprès naturel mélangé à du buis. Je dispose à l'intérieur une coupe en osier. Je prends bien soin d'avoir un accès facile au nid pour le baguage des jeunes et aussi pour le miroir que j'utilise pour inspecter la future nichée. Je propose à mes verdiers de l'Himalaya de la mousse séchée, des brins d'herbes, du sisal, des poils d'animaux et du coton végétal.
Au début ils ignorent totalement les matériaux, puis la femelle encouragée par les trilles du mâle s'acharne à éparpiller tous les éléments mis à sa disposition pour construire sa coupe. J'ai du fournir à ces oiseaux plus de matériaux pour construire un nid qu'a toutes mes volières. Je commence à désespérer d'avoir une nichée de se couple car la saison est déjà bien avancée, nous sommes déjà mi juillet et aucune velléité de construction de nid n'anime ma femelle. N'y prêtant plus cas je ne compte plus sur les Himalaya pour cette saison.
Un matin je ne vois plus la femelle. Je cherche par terre son cadavre, que nenni. Je repasse plus tard pour chercher dans les fagots si celle-ci est restée coincée, je ne vois rien. Le mâle est en pleine forme, dommage, j'envisage un instant d'essayer une hybridation, mais je n'ai pas de femelle disponible. Cette année est foutue pour les Himalaya. Tous les matins je distribue aux volières pâtée et plantes sauvages de saison. J'en distribue aussi au mâle Himalaya célibataire et passe aux volières suivantes. En revenant devant les box, je vois la femelle Himalaya occupée à consommer du laiteron infestée de pucerons. Mais où était-elle cachée ? A mon approche elle s'envole et viens se poser sur une planchette qui est fixée au dessus de la porte d'accès.
En y regardant de plus prés je vois des paillettes qui dépassent de la planche. Je rentre dans la volière avec mon miroir emmanché sur un bâton, qui est en fait un vieux rétroviseur de voiture, et je découvre un nid garni de cinq œufs. Cette coquine s'est installée là. Je ne la dérange pas. Depuis quand couve t'elle ? Je n'ai pas noté la date de sa disparition, mais l'éclosion doit être imminente. J'apporte régulièrement de la pâtée que je saupoudre de jaune d'œuf, et aussi du laiteron. Un matin après la distribution j'effectue une petite visite de contrôle. Et dans le ramequin de nourriture il y a une demi-coquille d'œuf vide. La naissance a eu lieu. Je ne dérange pas les oiseaux. Mais le lendemain n'y tenant plus, je distribue plantes et pâtée et j'observe le comportement de mes Himalaya.
Dés que je m'éloigne la femelle quitte le nid, je me précipite sans geste brusque, un rapide coup d'œil et miracle quatre petits. Ils doivent avoir tout juste deux ou trois jours. Je ne dérange plus les oiseaux jusqu'au baguage. J'utilise des bagues de 29mm camouflées par du sparadrap de couleur chair. J'attends la fin de l'après midi, vers 19h30 pour baguer les jeunes. Du laiteron et de la pâtée aident à faire diversion. Je leur distribue les friandises et comme prévu la femelle attirée par les appels du mâle sort du nid. Je pénètre dans la volière subtilise le plus rapidement possible les jeunes, les déposent dans une petite boite en plastique et sort de la volière. Je m'éloigne suffisamment pour observer l'attitude des parents, ils n'ont pas l'air trop perturbé. Le baguage terminé, je replace les poussins dans le nid, je m'éloigne en observant discrètement. Tout se passe bien, la femelle nourrit ses jeunes et à la nuit elle les couve.
Rocher - Mondial Tours 2011 - Élevage Patrick Brizard
Rocher - Mondial Tours 2011 - Élevage Patrick Brizard
Le lendemain pas de problème. Le mâle et la femelle s'occupent de la nichée. Les jours suivant se déroulent selon le même rythme. Un matin deux jeunes sont hors du nid, suivi dans l'après midi des deux autres. Le soir tout le monde va regagner ses pénates. Ce manège va durer deux ou trois jours.
Puis les petits vont prendre de l'assurance et explorer leur environnement. Comme beaucoup de fringillidés les jeunes sont fortement striés comme leur cousin le verdier européen mais avec des stries plus fines et plus grises. Les petits quémandent systématiquement de la nourriture aux adultes dés que l'un des parents passent à leur portée, c'est au mâle qu'incombe cette tâche en priorité car la femelle a entrepris une nouvelle ponte dans le premier nid qu'elle a retapée. Cette première nichée m'a donnée quatre jeunes, mais seul trois ont survécu, le quatrième était plus petit et malhabile.

La seconde nichée m'a donné trois jeunes et un seul a survécu. En consultant mes cahiers d'élevage de l'époque, j'ai noté que je distribuais aux oiseaux un mélange de graine type canari enrichi de cardi et de tournesol, de la pâtée du commerce additionnée de jaune d'œuf et de graines germées et de plantes sauvages de saison . J'ai continué à élever des verdiers pendant quatre ou cinq ans puis j'ai arrêté pour essayer d'autres espèces.

A l'heure actuelle nous sommes mieux armés pour trouver des mélanges de graines plus adaptés qu'à cette époque, mais se sont les verdiers de l'Himalaya d'élevage qui se font rares. Il y a pourtant quelques éleveurs spécialisés dans cet élevage. Si l'expérience vous tente prenez vous à l'avance pour réserver des oiseaux. Le verdier de l'Himalaya donne des issus féconds croisés avec ses cousins européens et orientaux. Attention donc aux oiseaux intermédiaires. Les éleveurs dans un esprit de recherche ont multipliés les mutations à partir de Chloris européens.
Il existe des Himalaya en mutation agate et satiné, mais pour moi le plus joli est le classique.
En concours, s'il est bien préparé c'est un oiseau qui est souvent sur le podium.

En écrivant cet article, je me demande si je ne vais pas de nouveau être tenté par cet élevage, qui sait ! ! ! ! ▪


Jean-François Bisquerra




 

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