Pour une protection animale non anthropomorphiste


Aujourd'hui, les éleveurs, et notamment les petits éleveurs d'animaux d'agrément, sont de plus en plus menacés par des règlements tatillons et absurdes, au point que bon nombre d'entre eux, écœurés, abandonnent ou songent à le faire.
Pourquoi cet acharnement contre les petits éleveurs et comment peuvent-ils réagir ? La réponse n'est pas simple car, comme toujours lorsqu'il s'agit de comportements humains, l'irrationnel intervient.

D'où vient le danger ?
Trois phénomènes sont à l'origine des difficultés rencontrées :

La perte de la culture animalière dans nos sociétés modernes
Coupés de leurs racines paysannes, les habitants des grandes villes, et même des campagnes urbanisées, savent de moins en moins ce qu'est un animal et ce que sont ses besoins.

La zoophilie ordinaire
L'époque "post-moderne" est marquée par un effacement des limites et des identités : confusions hommes/femmes, enfants/adultes, humains/animaux. La perte de limites, tangibles et acceptées par tous, entre les hommes et les animaux conduit à l'anthropomorphisme, c'est-à-dire au fait d'attribuer à l'animal des comportements et des sentiment humains.
Toutes les formes d'anthropomorphisme ne sont pas à mettre sur le même plan. Parler à son chien n'a rien de condamnable, au contraire. Mais traiter son chien comme on traite un être humain sans considérer les besoins propres à son espèce, voire à sa race, constitue une forme de maltraitance.

La zoophilie militante et les " amis de animaux "
La zoophilie militante est favorisée par recul des grandes idéologies constitutives des valeurs humanistes. L'animalitaire remplace progressivement l'humanitaire ; il devient dangereux quand il est renforcé par des idéologies telle l'anti-spécisme.
L'anti-spécisme condamne l'attitude qui consiste à refuser à d'autres espèces (les animaux) ce que l'on réclame pour la sienne (l'homme). S'inspirant de l'anti-racisme (chez les humains), il combat l'idée d'une hiérarchie entre les espèces et l'idée même de races animales.
La nature est idéalisée et l'homme diabolisé ; de la zoophilie à la misanthropie, il n'y a qu'un pas, trop souvent franchi. Le droit des hommes à élever et à exploiter des animaux, ne serait-ce que pour s'en nourrir, est ainsi contesté.
La conséquence logique des théories de la zoophilie militante est de réclamer que les animaux deviennent des sujets de droit alors qu'ils devraient être avant tout l'objet de devoirs de la part des hommes. Les mouvements de libération animale représentent la frange extrémiste la plus dangereuse des dérives de l'anthropomorphisme.

Pourquoi les petits éleveurs sont-ils plus particulièrement visés ?
Pourquoi s'en prend-on particulièrement aux petits éleveurs d'animaux de compagnie et d'agrément ? Non parce qu'ils sont les plus coupables mais parce qu'ils sont les plus faibles. Ils ne représentent aucune puissance financière ou industrielle ni, jusqu'à présent du moins, un groupe de pression organisé.
La stratégie des mouvements protectionnistes est très simple : commencer par faire céder les bastions les plus minoritaires et les maillons les plus fragiles pour saper et faire tomber l'ensemble. On commence par la chasse à courre, l'hippophagie, etc., et on continue avec les petits élevages d'agréments.

Que faire ?
Les thèses des mouvements de libération animale sont très minoritaires mais portées par des groupes actifs, bien organisés, assistés par des juristes compétents. Leurs idées sont en outre servies par l'indifférence ou les sentiments de culpabilité diffus de l'immense majorité silencieuse. C'est ce silence qu'il faut briser et cette majorité qu'il faut informer autour de quelques points essentiels :

Dénoncer le caractère absurde et nuisible des thèses des protectionnistes radicaux
L'absurdité de l'idée selon laquelle il faudrait relâcher les animaux domestiques n'échappe à personne. Le combat mené par les extrémistes contre les races animales est aussi dangereux en ce sens qu'il fait le jeu des multinationales de l'élevage industriel qui rêvent d'éliminer tous les animaux autres que ceux qu'elles auront élaboré à des fins de productivité (voir déjà les excès de la Prim Holstein dans la filière bovine).

Réaffirmer la nécessité et la légitimité pour l'homme d'élever et d'utiliser des animaux
La domestication animale faire partie intégrante, depuis plus de dix millénaires, de l'histoire spécifique de l'espèce humaine ; elle est une condition de son devenir. Le compagnonnage homme-animaux favorise la connaissance des animaux et suppose dans le respect de ce qu'ils sont et non comme d'illusoires répliques ou substituts d'humains.

Expliquer ce que les petits élevages représentent :
- des conservatoires de la diversité génétique tellement menacée aujourd'hui,
- des réservoirs de savoir-faire techniques.
Les défendre, c'est donc sauvegarder des acquis zootechniques au service de l'homme et dans le respect bien compris des animaux.
Se regrouper, s'organiser pour ne pas laisser aux soi-disant "amis des animaux" le monopole de la parole et de l'action.

C'est précisément la raison d'être de ProNaturA France.

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