Slow foodSlow Food ou promouvoir une écogastronomie internationale


Slow Food (par opposition à fast food) est une association internationale qui lutte pour préserver, dans le monde entier, la qualité de la gastronomie régionale et tout ce qui lui est associé : cultures, élevages, techniques agricole etc.
Présente dans une centaine de pays, elle compte près de 100 000 adhérents (dont 2 000 pour la France) dans une centaine de « conviviums ».

Bon, propre et juste.
C'est la devise de Slow Food. Trois adjectifs qui définissent de façon élémentaire les caractéristiques que doit posséder la nourriture.
Bon : en référence au plaisir suscité par les qualités organoleptiques d'un aliment, mais aussi par la sphère complexe des sentiments, des souvenirs et des implications identitaires découlant de la valeur affective accordée à la nourriture ;
Propre : parce que produite par l'agriculture durable, dans le respect des écosystèmes et de l'environnement ;
Juste : dans le respect des producteurs, conforme aux concepts de justice sociale sur les lieux de production et de commercialisation.

C'est à Fontanafredda (Italie – région du Frioul-Vénétie Julienne) que s'est tenu, en 1986, le premier congrès d'un mouvement qui deviendra mondial sous le nom de « Slow Food ». Les membres fondateurs avaient un but très clair : faire que la « mal bouffe » des « fast food » et le lobby de l'agro-business perdent le maximum de leur influence dominante sur le rapport de l'homme à la nourriture et à la terre.
Mais les moyens financiers ne sont pas énormes et sont même totalement disproportionnés par rapport à ceux de l'industrie agro-alimentaire.
Le seul vrai moyen d'action consiste à démontrer aux politiques européens que la majorité des gens souhaitent que les choses changent, déclare Paolo Di Croce, directeur de Slow Food international.

La bonne nourriture n'est pas réservée aux riches
Slow Food travaille pour effacer cette fausse idée d'une alimentation produite par des privilégiés pour des privilégiés. Le réseau Terra Madre (notre mère la Terre), partenaire de Slow Food, regroupe, sur la planète entière, des milliers de producteurs qui travaillent à protéger la biodiversité dans le cadre d'un développement durable et produisent de la qualité.
Pour les dirigeants de l'association, il est indispensable de faire se relâcher l'étreinte dans laquelle les agriculteurs et petits producteurs sont maintenus par les industriels de l'agro-alimentaire et la grande distribution. Selon Paolo Di Croce le problème numéro un des petits producteurs est l'isolement. Pour des raisons économiques autant que politiques, établir un lien direct entre producteurs et consommateurs est un acte essentiel.

« Fast and slow have never been so close » (rapide et lent n'ont jamais été aussi proches)
C'est ce slogan qu'a utilisé une grande chaine internationale de fast-food en courtisant Slow Food. Car évidemment, hommage du vice à la vertu, tous les acteurs de la « mal bouffe » essaient de récupérer le mouvement qui revendique environ 100 000 adhérents dans le monde entier.
Après l'Italie, pays de naissance de l'organisation, ce sont les États-Unis qui connaissent la croissance la plus importante. Ce n'est pas vraiment étonnant pour un pays ou les industries agro-alimentaires sont toutes puissantes et où l'obésité devient extrêmement préoccupante au point où elle est devenue cause nationale.

L'Afrique est la nouvelle frontière de Slow Food
C'est ce que déclare Roberto Bordese, président de la branche italienne du mouvement. Le projet « mille jardins pour l'Afrique » est déjà en vigueur dans 25 pays africains.
« Combattre la faim ne signifie pas seulement empêcher les gens de mourir de faim » explique Paolo Di Croce. « Nous sommes contre l'aide alimentaire internationale, subventions déguisées aux exportateurs américains et européens, sauf pendant les premières semaines, quand la production locale ne peut répondre ».

Une Université des sciences gastronomiques
Créée en 2004, cette université est située à Pollenzo (Italie). Depuis sa création, plus de mille étudiants représentants 60 pays, sont sortis diplômés. Le professeur Grimaldi, doyen de l'université, note que 90% d'entre eux ont trouvé un emploi dans l'année suivant leur sortie.

La politique agricole commune (PAC) accusée de supprimer des emplois
Pour Slow Food et ses dirigeants, la PAC européenne est une machine à supprimer des emplois, à défigurer les paysages, à polluer les cours d'eau et les nappes phréatiques etc. allant même jusqu'à menacer la santé publique.
L'exode rural massif qui en découle est souvent « compensé » par l'arrivée de « nouveaux ruraux » qui malheureusement n'ont que très peu de connaissances de la ruralité.
D'après Jové Bové, eurodéputé, l'Europe pourrait, dans les dix prochaines années, perdre sept millions d'exploitations, les plus de 55 ans représentant déjà 70% des exploitants. Du fait des multiples obstacles, les plus jeunes rechignent désormais à s'installer.
Il est donc indispensable que la réforme de la PAC prenne en compte le développement rural durable, l'agriculture familiale et privilégie les circuits court, la biodiversité etc.
« Good Food march »
Le 19 septembre dernier, des « marcheurs de la bonne bouffe » issus de plusieurs organisations dont Slow Food, sont arrivés à Bruxelles, au siège du parlement européen.
Leur but ? Demander que la politique agricole européenne soit plus favorable aux petits exploitants, favorise le respect de l'environnement et devienne plus équitable vis-à-vis des pays en voie de développement. Ils estiment en effet que la PAC penche beaucoup trop du côté des grosses exploitations, de l'industrie agro-alimentaire ...

La tâche sera rude car dans le camp de la « mal bouffe », un seul but : faire en sorte que la PAC, qui doit être renégociée avant le 1er janvier 2014, bénéficie avant tout à leur lobby, au détriment des milliers de petits producteurs qui luttent de plus en plus durement pour leur survie.

Les « Conviviums »
Dérivé du latin signifiant festin, réception ..., ce mot a été repris par Slow Food pour désigner ses groupes locaux.
Ils sont aujourd'hui aux environs de 1 000 dans le monde entier.
Les conviviums organisent des rencontres avec les producteurs, organisent des séances de dégustation, des ateliers, promeuvent les produits naturels. Ils incitent par exemple les chefs de Slow food 2cuisine à utiliser les produits naturels et locaux.
Mais surtout, les conviviums promeuvent la qualité de la vie de tous les jours
La France compte à ce jour une quarantaine de conviviums dans toutes les régions. Leurs coordonnées sont disponibles sur internet à l'adresse :
http://www.slowfood.fr/conviviums_slowfoodfrance

Salon international du goût
Du 25 au 29 octobre dernier à Turin, Slow Food organisait, comme tous les deux ans, son évènement phare : le Salon International du Goût.
1 350 stands était présentés par de petits producteurs et artisans. Cinq conférences ont été données et 128 ateliers du goût avec dégustations commentées ont été proposées. Cette manifestation qui a accueilli 220 000 visiteurs proposait par ailleurs une multitude d'autres activités mettant la nourriture, le terroir et les traditions à l'honneur.

Une révolution délicieuse
Selon la vice présidente de SlowFood USA, l'avenir réside dans une « révolution délicieuse » à mettre en place dès l'école. Dans quelques pays (USA, Australie notamment), sont créés des « jardins comestibles » où les enfants cultivent, cuisinent et dégustent leurs productions.

Gageons qu'en leur apprenant le bon, le propre et le juste, dès leur plus jeune âge, il s'en souviendront toute leur existence !


« La variété qui s'offre à nos yeux, lorsque nous pénétrons dans un supermarché, n'est qu'apparente, car bien souvent les composants de secteurs entiers sont les mêmes.
Les différences sont données à la fabrication ou par des variations dans l'adjonction de substances aromatisantes et de colorants. »

« Il est inutile de forcer les rythmes de notre existence.
L'art de vivre consiste à apprendre comment dédier du temps à chaque chose. »
Carlo Petrini, fondateur de Slow Food




« La variété qui s’offre à nos yeux, lorsque nous pénétrons dans un supermarché, n’est qu’apparente, car bien souvent les composants de secteurs entiers sont les mêmes.

Les différences sont données à la fabrication ou par des variations dans l’adjonction de substances aromatisantes et de colorants. »

Carlo Petrini, fondateur de Slow Food

 

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