Quand la préservation d'un patrimoine immatériel, reconnu par l'UNESCO, est menacée par des campagnes idéologiques basées sur des contre-vérités, ProNaturA France se doit d’agir et alerte sur une campagne radicale, menée par l’association PAZ visant à interdire les démonstrations de vol de rapaces.
Ces manifestations, véritables trésors traditionnels et éducatifs, permettent d’observer des espèces rares et favorisent leur préservation, tout en boostant l’économie locale.
À travers ces démonstrations uniques, c'est un lien précieux entre l'Homme, la nature et l'histoire qui se tisse.
Reconnu comme patrimoine immatériel de l'Humanité, l'art de la fauconnerie est la preuve même que culture et respect de la faune peuvent coexister.
Pourtant, l’association PAZ interpelle, harcèle les municipalités à l’aide d’arguments souvent fondés sur des contre-vérités et/ou une déformation de la réalité, n’hésitant pas à diffuser des informations inexactes, de nature diffamatoire, assimilant ces démonstrations « à de l’exploitation animale », jusqu’à obtenir satisfaction.
Leurs arguments, purement idéologiques n’ont aucun fondement scientifique ou éthique, et ne tiennent pas compte de l’essence de cette pratique séculaire.
ProNaturA a donc fait parvenir un courrier à l’association PAZ (ci-dessous), ainsi qu’aux ministre de la culture, au ministre de l’intérieur et au Président des Maires et Présidents d'Intercommunalités de France.
Un dossier, avec des éléments de réponse, a également été envoyé à une cinquantaine de communes organisant des manifestations médiévales dont de très nombreuses ont prévu d’accueillir des démonstrations de vol de rapace.
Courrier adressé à l'association PAZ
Madame la Présidente,
C’est avec une consternation mêlée d’indignation que nous avons pris connaissance de la campagne de désinformation orchestrée par votre association au sujet des démonstrations de vol de rapaces, notamment ceux prévus lors de la Journée Médiévale au Château de Vincennes organisées par le Centre des Monuments Nationaux.
Une fois encore, PAZ sacrifie la rigueur au sensationnalisme, et la nuance à l’idéologie. Vous clamez que ces oiseaux sont des animaux sauvages « emprisonnés à vie », alors même que les spécimens concernés sont nés, depuis plusieurs dizaines de générations, en milieu protégé. Ce ne sont plus des animaux sauvages — ce sont des animaux d’élevage, incapables de survivre par eux-mêmes en milieu naturel.
L’obsession à vouloir relâcher des individus qui n’ont jamais appris à chasser autrement qu’en coopération avec l’homme, qui n’ont jamais affronté un hiver sans ration stable ni connu la disette des forêts, n’est pas seulement absurde : elle est cruelle.
Vous affirmez ensuite que leur dressage serait, « par définition, violent et cruel ». C’est une affirmation infondée, caricaturale, et surtout contraire à l’éthique des professionnels du milieu. L’apprentissage des rapaces en fauconnerie repose précisément sur le respect de leurs comportements naturels : le vol, la chasse, la coopération. Aucune contrainte ne permettrait d’obtenir la majesté d’un aigle en plein vol, ni la précision d’un faucon qui plonge du ciel : seule la confiance permet cela.
Ce que vous réclamez, sous couvert de vertu, aura une conséquence directe, froide et bien réelle : la disparition de ces animaux. En privant les structures spécialisées des ressources générées par les spectacles, vous les condamnez à ne plus pouvoir nourrir ni maintenir leurs pensionnaires. La fin du spectacle entraînera, de fait, l’euthanasie de nombreux oiseaux - et PAZ pourra alors fièrement inscrire à son tableau de chasse la suppression de centaines de vies, qu’elle prétendait pourtant vouloir sauver.
Votre combat, tel que mené ici, n’est ni éthique, ni écologique, ni animaliste. Il est aveugle, doctrinaire, et profondément déconnecté du réel.
Selon le rapport « Planète vivante 2024 » du WWF, nous aurons perdu 69% des espèces mondiales d’ici 4 ans.
Toutes les études alertent sur cette perte de la biodiversité :
* OFB : https://is.gd/t7p8fD ;
* IPBES : https://is.gd/GXzZYY ;
* ONU : https://is.gd/DsiIqf ;
Il est grand temps de rappeler qu’agir pour le bien-être animal exige de la connaissance, de la mesure, et un minimum de responsabilité morale.
Veuillez recevoir, Madame, l’expression d’une opposition ferme et sans concession.
Photo : Anonyme CC




