Dendroaspic angusticepsLes serpents


Il est incroyable de constater que le serpent et ses significations se retrouvent dans les Mythes et les Légendes d'innombrables cultures à travers le monde. Il existe aujourd'hui trois Caducées hérités de la mythologie grecque. La Coupe d'Hygie symbolise la profession pharmaceutique, le Bâton d'Asclépios représente la médecine, et le Caducée d'Hermès illustre le commerce et la négociation. C’est aussi lui qui fît succomber la femme en lui proposant la pomme dans la Génèse. Les mammifères s’en méfient instinctivement.

Les serpents (= Ophidia) sont présents sur tous les continents, les plus nombreux étant sous les tropiques de l’Ancien monde.

Adapté à ces grands prédateurs, l’appareil maxillaire est muni d’attaches mobiles, c’est surtout le cas chez les grands constricteurs (Pythonidae, Boidae, Colubridae, Viperidae, Crotalinae) et peut se disjoindre, les moitiés gauche et droite de la mâchoire n’étant pas liées l’une à l’autre, indépendante de l’allongement de la liaison des ligaments se déplaçant vers l’extérieur et l’avant. Dans le cas extrême des vipères, le maxillaire muni de dents empoisonnées est dressé à l’ouverture de la bouche, ces dents étant alors poussées vers la victime.
Les vertèbres possèdent comme chez certains lézards, 2 articulations supplémentaires.
Le corps des serpents est dépourvu de membre. On note toutefois, chez les serpents primitifs (Boidae, Pythonidae), quelques rudiments de pattes arrières et d’une ceinture pelvienne.
Malgré cette simplification, les serpents forment une variété d’animaux capables de bouger : ils vivent sur les arbres, sur le sol, dans des broussailles denses, sous terre, dans le désert, dans l’eau, ils peuvent grimper aux arbres, effectuer des sauts (Exry). Leurs côtes sont relativement mobiles et musculeuses, très différenciées de la paroi corporelle et sont particulièrement importantes pour la locomotion. L’œil est, comme chez certains lézards, protégé par des « lunettes », la musculature de l’iris et une divergence des cellules de réception de la lumière. C’est un indice pour indiquer que les serpents descendent des lézards ayant des yeux réduits et eu une vie souterraine, avec un tympan et une oreille moyenne. Ils ont l’organe de Jacobson(1) très développé et, avec cet organe, analysent, à travers la langue, les odeurs tout comme les Diploglossa, Platynota et Scincomorpha.
L’extension du corps est similaire à celui des Gimnophiones ou Apodes avec une asymétrie des organes mais avec seulement un poumon gauche réduit et un droit terminé « en tuyau » à paroi fine. Les reins et les gonades sont placés derrière et non côte à côte, la vésicule biliaire se trouve derrière le foie.

Dentition et denture
La dentition à une forte signification dans la systématique. À l’origine, mais encore aujourd’hui chez les pythonidés et les boïdés, les dents forment une simple rangée. Elles sont présentes sur le prémaxillaire, maxillaire, pterygoïde, palatin et dentaire(2). Elles sont pointues, légèrement incurvées vers l’arrière et se ressemblent toutes. C’est le cas des serpents dits aglyphes(3).
Sur le prémaxillaire de la plupart des serpents, les dents régressent et gardent leur forme initiale. Le nombre de dents se réduit et certaines se spécialisent. Chez les uns, il existe des dents allongées et fortement incurvées, chez d’autres, elles sont plus petites à l’avant et rainurées ou avec un canal à venin avec lesquelles ce dernier est injecté. Les crochets à venin (glyphe) possèdent un canal, avec une ouverture à la base permettant l’entrée du venin et une autre à son extrémité pour son injection.
Les serpents avec des dents aux formes évoluées et lisses, percées d’un canal sont appelés Solénoglyphes(7), comme par exemple les vipères où les espèces projetant le venin vers la proie (cobras). La disposition des dents maxillaires est très importante dans l’évolution des serpents. À l’origine, les dents sont similaires et rétrogrades (isodontes).
Il est possible de tracer plusieurs lignées selon la différence de taille des dents, que celles-ci soient simples, rugueuses ou tubulaires. Un diastema(4) peut aussi être présent. Suivant la disposition des dents, à l’avant au milieu ou à l’arrière, a mâchoire est dite pro-, meso- ou opistoglyphodon lorsque ces dents possèdent une rainure ou sont tubulaires. Plusieurs dents peuvent apparaître chez les espèces très évoluées (vipères, crotales, certains élapidés).
Chez les vipères, il n’y a qu’une grande dent à l’avant sur chaque maxillaire très mobile. Il existe des mâchoires protéroglyphe(5) ou encore des mâchoires opistoglyphes(6), mais aussi des mâchoires solénoglyphes(7) chez certaines vipères où les dents spécialisées sont situées à l’arrière avec un maxillaire réduit à l’avant. Les dents à venin sont remplacées comme les autres dents. La nouvelle dent entre en contact avec le conduit et la glande à venin sur le maxillaire. Aucun serpent n’est édenté. Toutefois chez les serpents marins (Hydrophiinae) toutes les dents se sont réduites sauf 2 dents à venin, probablement en corrélation avec la nourriture constituée d’œufs de poisson. Le serpent mangeur d’œuf, Dasypeltis, ne possèdent plus que 6 à 8 petites dents sur chaque côté mais possède des hypapophyses osseuses sur la face ventrale des vertèbres formant une « scie » destinée à « ouvrir les œufs, jusqu’à l’œsophage.

Venin
Le venin des serpents est produit par les glandes parotides situées à la commissure des mâchoires. Tous les serpents possèdent ces glandes, mais la sécrétion toxique n’est pas présente chez tous. Les glandes parotides, se transforment, en fonction des espèces et de leur évolution, soit en glandes salivaires soit en glandes à venins. Différents types de venins sont connus :
* Hémolytique, détruisant les globules rouges ;
* Anticoagulant ;
* Neurotoxique, perturbant les fonctions nerveuses notamment respiratoire et cardiaque ;
Une enzyme, l’hyaluronine, est très fréquente dans la plupart des venins. Elle hydrolyse l’acide hyaluronique ou le sulfate de chondroïtine, qui sont des mucopolysaccharides responsables de la cohésion du tissu conjonctif. Il est donc vraisemblable que cette enzyme favorise la diffusion du venin après son injection lors de la morsure.
Selon la proie, la réaction au venin sera différente. Un lapin sera plus réactif à une morsure de cobra qu’un chien, et ces deux derniers plus affectés qu’une mangouste.
Actuellement, environ 2 700 espèces de serpents sont décrites, réparties dans 10 familles et 3 groupes de familles. Les deux-tiers sont des colubridés, il reste encore des lacunes obscures dans ces groupes de « collection » et certainement paraphylétiques. Des formations parallèles sur la dentition rendent difficile la mise en place d’un système naturel.
Les serpents sont présents sur tous les continents, les plus nombreux étant sous les tropiques de l’Ancien monde.

Henophidia
Le groupe familial des Henophidia contient une série de formes conservatrices et dérivées, essentiellement des formes souterraines. Ces espèces, 5 familles, ne sont pas maintenues en captivité.

Python regiusBoa, Python, Anaconda
Il s’agit des serpents les plus longs pouvant atteindre 10 mètres (pythons et anacondas) et dépasser les 200 kg. Existant depuis le Crétacé, il reste encore aujourd’hui 60 espèces.
Ces familles sont définies par un arc palatino-maxillaire capable de se désolidariser du reste du crâne. Les dents sont présentes sur le maxillaire, le palatin, le ptérygoïde et le dentaire, parfois même sur le prémaxillaire(2) (voir photo du crâne d’anaconda page 5)
Le pelvis est présent et on peut distinguer, de part et d'autre du cloaque, des ergots cornés qui sont les vestiges des fémurs. Chez les mâles, les ergots sont plus développés que chez les femelles. Les écailles ventrales sont individualisées, mais moins larges que sur la face ventrale. Les écailles dorsales sont petites. Les Boïdae sont ovipares ou ovovivipares et certaines espèces peuvent pondre jusqu'à une centaine d'œufs. Quelques auteurs considèrent que les Boïdae constituent en fait une superfamille, les Booïdea, qu'ils divisent en deux familles : les Pythonidae, présents dans l'Ancien Monde et les Boïdae, représentés sur tous les continents. Les Boïdae n'ont pas de supraorbital. Le palatin est dissociable du maxillaire.
Beaucoup d’espèces préfèrent se maintenir sur les arbres ou dans l’eau.
Les petites formes préfèrent se maintenir sous terre (Eryx, Lichanura, Charina, Calabaria). Ils chassent de préférence les petits mammifères, les oiseaux, et les lézards et les tuent par constriction.. Il existe de nombreuses sous familles.
Serpents1
Colubridae = Couleuvres
Cette famille a connu son plein développement et son extension au cours du Miocène, il y a 20 à 30 millions d'années.
Originaires d'Asie, les Colubroïdes ont probablement donné naissance aux Atractaspididae, successivement rangés parmi les Viperidae puis les Colubridae, ainsi qu'aux Elapidae et aux Viperidae. Il s'agit d'un groupe difficile en raison de sa grande diversité. Les tentatives de classification sont loin d'être satisfaisantes, les colubridés sont paraphylétiques. Basées essentiellement sur la morphologie de l'hémi pénis et l'ostéologie (vertèbres et maxillaire notamment), la classification oscille entre une extrême simplification qui ne prend pas en compte les multiples adaptations des espèces et une trop grande complexité qui limite toute application.
Privilégier la structure de l'hémipénis se justifie dans la mesure où cet organe est moins influencé par l'environnement et les nécessités d'adaptation que le maxillaire ou les vertèbres. Toutefois, les hémi pénis de quelques espèces restent inconnus. Par ailleurs, ce caractère semble insuffisant pour résumer la diversité des formes rencontrées.
La classification tient compte de cette approche et illustre bien la complexité de ce groupe. C'est celle qui est retenue ici, avec quelques modifications induites par les récentes découvertes.
L'aspect général des Colubridae est celui que l'on retient des serpents. Le corps est long, fin. La queue est variable, mais généralement fine. La tête, distincte du corps chez la plupart des espèces, est arrondie. Lampropeltis triangulumL’œil est toujours visible, même lorsqu'il est petit. Les écailles ventrales sont individualisées et leur largeur est égale à celle de la face ventrale du corps. La ceinture pelvienne est totalement absente. Le maxillaire, le palatin, le ptérygoïde ainsi que le dentaire(2) portent des dents. Le prémaxillaire en est toujours dépourvu. Le maxillaire est généralement assez long. Il peut porter un ou plusieurs diastèmes. Lorsqu'il y a des crochets venimeux, ils sont toujours postérieurs (opisthoglyphes(6)).
La famille regroupe plus de 2 000 espèces sans toutefois former un groupe monophylétique. Les proies sont presque toujours tuées par constriction. La famille renferme quelques spécialistes alimentaires tels les Lampropeltis qui mangent d’autres serpents, Dasypeltis des œufs, Pareas et Dypsas des escargots, Homalopsis et Natrix (Natricidae) des poissons et des grenouilles. Les serpents terrestres sont presque tous ovipares, les aquatiques ovovivipares ou vivipares. Les Thamnophis possèdent un placenta.

Serpents2Xenodermatinae : ont les écailles côte à côte qui ne se recouvrent pas, des dents aglyphes(3) et une activité nocturne. Ils sont originaires d’Asie du Sud-Est : genres Achalinus, Fimbrios, Xenodermus etc.

Lycodontinae (serpents loups) : ces espèces disposent de dents préhensiles, aglyphe(3). Environs 350 espèces en Amérique du Sud, Afrique, Asie du Sud-Est. Genres Lycophidion, Lamprophis entre autres, mais surtout attention à Heterodon nasicus très répandu en terrariophilie qui est opistodonte et dont la salive est toxique.

Pareinae : petits serpents avec une tête large et de grands yeux, dents aglyphes(3). Ils se nourrissent de petites proies tels des escargots qu’ils arrivent à tirer des coquilles avec les dents. La plupart sont nocturnes, genres Aplopeltura, Asthenodipsas Pareas, Xylophis. Asie du Sud-Est.

Pantherophis alleghaniensisDipsadinae : similaires aux Pareinés, également malacophages, 22 genres en Amérique centrale, 54 genres en Amérique du Sud et Caraïbes, 5 genres en Amérique du Nord et 16 genres en incertae sedis.

Calamariinae : petits serpents, souvent souterrains, avec dents aglyphes(3). Genre Calamaria avec de nombreuses espèces, présent en Asie du Sud-Est.

Sibynophinae : petits serpents élégants avec une articulation à la mâchoire inférieure ; aglyphe(3), dents uniformes. Présents en Asie du Sud-Est (Sibynophis) et Amérique centrale, Scaphiodontophis (ressemblant aux Lampropeltis).

Xenodontinae : grandes dents postérieures, consomment principalement des grenouilles. Présents en Amérique centrale et du Sud ; genres Xenodon, Lystrophis etc.

Dasypeltinae : serpent au diamètre du corps de la taille d’un doigt, mangeur d’œufs avec de très petites dents ; os mandibulaires. Hypapophyses (prolongements basaux) des vertèbres cervicales très longues, s’élevant dans l’œsophage où les œufs vides se brisent. Dasypeltis (zone tropicale de l’Afrique australe), Elachistodon (Inde).

Homalopsinae : serpents opistoglyphes(6), aquatiques, terrestres et arborescents. Les formes aquatiques (Enhydris, Cerberus, Erpeton entre autres.) peuvent fermer les narines et ne possèdent pas d’écailles ventrales ; Ils sont généralement actifs la nuit.
La plupart du temps, les proies sont tuées par constriction. La plupart des animaux sont mangés dans la mesure où ils peuvent être maîtrisés. D’autres sont des spécialistes nutritionnels. Formes terrestres principalement ovipares, les aquatiques sont principalement ovovivipares ou vivipares. Thamnophis possède un placenta.

Grayianiinae : sous famille avec un genre et 4 espèces. Espèces africaines aux mœurs aquatiques ; ovipares.

Natricinae : grand groupe dont les représentants sont absents en Amérique du Sud. Les espèces sont terrestres ou aquatiques, aglyphe(3) et opistoglyphe(6), ovovivipares et vivipares. Natrix est une couleuvre fortement liée au milieu aquatique. En Europe, il existe deux espèces la couleuvre à collier (N. natrix) et la couleuvre tessellée (N. tessellata). La couleuvre à collier peut atteindre près de 2 mètres pour les femelles dans le Sud de l’Europe. Elle vit de préférence dans des habitats humides, sur les rives des étangs, lacs, ruisseaux et rivières, même dans les marais, parfois plus éloignée de l’eau, dans les cimetières et les bois. Bonne nageuse, mais timide.
En cas de danger, elle émet à partir des glandes anales un liquide jaune et nauséabond, et peut également faire la morte avec un corps mou, la langue pendante et parfois avec une salive sanguinolente.
En mars-avril, elle abandonne le lieu d’hibernation , pour s’accoupler.
En juillet, jusqu’à 50 œufs sont déposés par la femelle, de préférence dans des endroits chauds et humides tels que tas de compost, sciure ou copeaux de bois, etc. Les juvéniles éclosent après 1-2 mois. La couleuvre à collier a beaucoup de prédateurs tels rapaces, hérons, martre, hérisson, brochet. Par contre elle consomme poissons, grenouilles, tritons, têtards, occasionnellement souris et lézards.
Les mesures agricoles, la pollution et la disparition des grenouilles à fait chuter drastiquement les effectifs des Natrix.
Les Thamnophis (jarretières) sont ovovivipares avec placenta et vivent en Amérique du Nord. Le genre Rhabdophis comprend 22 espèces, opistoglyphes(6), qui peuvent devenir dangereuses pour l’homme.
Elles sont originaires d’Asie.

Colubrinae : groupe difficile à scinder du précédent. Grande sous famille cosmopolite. Coluber avec 12 espèces est présente dans les Amériques. Elaphe, 15 espèces est strictement eurasique, maintenant monophylétique à côté d’autres genres monophylétiques comme Arcchelaphe, Boiga, Coelognathus, Euprepiophis, Gonyosoma, Oocatochus, Oreocryptophis, Pantherophis, Pseudelaphe, Senticolis, et Zamenis. Certaines espèces oviphages possèdent, comme chez Dacypeltis, des hypapophyses. Les Coronella (Coronelles 3 espèces) font partie des serpents ratier. Chez nous C. austriaca apparait souvent dans des lieux exposés au soleil. Elle atteint 80 cm et tue d’autres reptiles par constriction. Chrysopelea (couleuvre volante) est une espèce arboricole qui peut « planer » dans l’air.
Dispholidus (Boomslang) en Afrique est un opistoglyphe(6) et peut devenir très dangereux pour l’homme, ses crochets, situés à arrière de la gueule, possèdent des glandes à venin essentiellement hémotoxique.
Malpolon, avec 2 espèces, dont la couleuvre de Montpellier du Sud de l’Europe et d’Afrique du Nord, est opistoglyphe(6) avec du venin actif. Attention aux Boiga avec une tête de couleuvre mais extrêmement dangereux, espèce opistoglyphe(6) des mangroves.

Serpents3

Atractaspis watsoniAtractaspididae
Ces serpents dit « fouisseurs » sont ovipares, se nourrissent de lézards, de serpents, d’amphibiens et de petits rongeurs. Ils ressemblent aux colubridés, tout en présentant des caractéristiques propres : une petite tête, un maxillaire très réduit et une articulation complexe avec l’os préfrontal comme chez les vipéridés. C’est une espèce solénoglyphe(7). D’une manière unique chez les reptiles, elle pique plus qu’elle ne mord. Les Atractaspis sont capables d’injecter leur venin la gueule fermée grâce à deux crochets canaliculés et horizontaux qui peuvent pivoter latéralement et dont un seul dépasse à la fois lors d’un mouvement latéral de la tête.

Elapidae
Famille paraphylétique dont la taxonomie devra être revue. Elle regroupe dans son sein les espèces les plus venimeuses tels que les cobras, mambas, bongares, taïpans, serpents-corail, serpents-marin. Ils ont une morphologie proche des couleuvres, un corps rond, parfois vertical. Certaines espèces dépassent 3 mètres (mamba, taïpan) et même 5 mètres pour le cobra royal. Certaines sont ovipares, d’autres ovovivipares quelques unes vivipares. La famille comprend 250 espèces protéroglyphes(5). Les crochets sont fixes et courts sur l’avant du maxillaire et ne peuvent pas être érigés comme chez les vipères. Ce sont essentiellement des ophiophages. Selon leur stade d’évolution le nombre de dents diminue. Naja naja (cobra indien, serpent à lunettes) a un comportement de menace typique : l’arrière du corps roulé, l’avant est levé et les côtes du cou sont écartées. Leurs morsures tuent beaucoup d’humains en Inde, Sri Lanka et Myanmar (pays avec le plus grand nombre de morsures de serpents). Le dessin des lunettes est absent de certaines sous-espèces d’Afrique (Hemachatus haemachatus par exemple). En Asie, les espèces du genre Naja peuvent projeter le venin dans les yeux des prédateurs. Boulengerina (2 espèces) est un cobra aquatique et le plus célèbre est notamment Naja annulata (sous-genre Boulengerina) dans le lac Tanganyika. Les mambas (Dendroaspis) comptent trois mambas verts (D. jamesoni, D. angusticeps et D. viridis) et un noir (D. polylepis ). Leur venin est très puissant composé d’hémotoxine et de myotoxine. Ces serpents sont essentiellement arboricoles et donc capturent des oiseaux. Leur venin doit être efficace et rapide. Le genre Calliophis est monotypique et renferme trois sous espèces avec Calliophis bivirgata bivirgata C. bivirgata flaviceps, C. bivirgata tetrataenia. On trouve encore le serpent corail (Micrurus) du Sud de l’Amérique du Nord et d’Amérique centrale, pouvant être confondu avec les Lampropeltis.

Hydrophiinae (serpent de mer et cobra australiens) : branche marine d’élapidés, dont une partie est retournée à terre (Australie). 8 genres composent la sous famille.
Chez les serpents de mer, la cavité buccale et le cloaque ont également une fonction respiratoire. Le poumon, très long, atteint le cloaque. Ces espèces ne sont pas agressives. Elles ne mordent qu’en cas de manipulation. Les espèces du genre Laticauda (genre primitif) possèdent encore de larges écailles ventrales, elles sont ovipares et retournent à terre pour pondre. Les autres espèces marines sont ovovivipares ou vivipares et ne sortent pas de l’eau.

Lachesis mutaViperidae (Vipères, Crotales)
La structure de leur cavité buccale est similaire à celles des élapidés auxquels ils ne sont pourtant pas apparentées. Le crâne et le venin sont particulièrement sophistiqués. Connue depuis le Miocène.
Ce sont des serpents de type solénoglyphe(7).
Suite à la réduction du maxillaire, les dents à venin sont à l’avant de la gueule. Maxillaire élevé et mobile par rapport au préfrontal et à l’ectopérigoïde. Au repos, les dents à venin sont repliées vers l’arrière. Au moment de la morsure le maxillaire est tourné vers l’avant et les dents dressées également vers l’avant. Celles-ci peuvent atteindre 5,5 cm de long chez Bitis gabonica.
Après une morsure rapide et l’injection du venin, le serpent se retire et attend l’effet du toxique du venin, en général anticoagulant. La pupille est verticale sauf chez le genre Causus. La famille comprend 180 espèces.

Causinae (vipères mangeuses de grenouille). Afrique, genre Causus. Ressemble aux couleuvres ; groupe de vipères primitives avec des pupilles rondes, espèces nocturnes qui se nourrissent de grenouilles.

Viperinae (vipères vraies). Serpents au corps robuste, à queue courte et souvent avec une tête large. Taille jusqu’à 2 m (Bitis gabonica).
Les mâles, par exemple de la vipère berus, effectuent des combats ritualisés au printemps. Espèces eurasiennes dont V. berus est la plus occidentale en Europe.
L’espèce dépasse le cercle polaire en Scandinavie. Elle préfère les habitats humides tels que les marais, mais aussi les berges de ruisseaux de montagne avec des places rocheuses pour prendre la chaleur du soleil. On la trouve sur les voies de chemin de fer, en lisière de forêt, les bords des forêts, les berges des ruisseaux, etc. Son activité est diurne. En cas de menaces, elle fuie tout d’abord, mais pourra aussi se dresser et mordre. Certaines espèces ne seront agressives qu’en marchant dessus ou en les touchant. La morsure doit être traitée médicalement.
Après l’hibernation, en avril/mai les mâles de vipère berus se battent. Après l’accouplement, les femelles produisent un placenta et mettent bas entre août et octobre, les juvéniles ayant une taille entre 10 et 20 cm. Après une semaine, ils commencent à chasser des grenouilles rousses. La maturité est atteinte entre 3 et 4 ans. Ses ennemis sont les rapaces, les corvidés, les cigognes et les hérissons. Elles se nourrissent de souris, grenouilles, jeunes oiseaux, et lézards.
Les modifications environnementales et leur classement comme nuisibles ont fait qu’elles deviennent rares en milieu naturel.
Elle sont maintenant protégées dans les pays de la CEE.
Les espèces sont dotées de fossettes sensorielles de chaque côté de la tête. Elles possèdent aussi des thermorécepteurs. Espèces très venimeuses, ovipares ou ovovivipares. Danses de rivalité chez les mâles. Répartition : Asie et Indonésie, mais la plupart des espèces en Amérique.
Agkistrodon : vipères à tête triangulaire, 6 espèces dont le Mocassin d’eau (A. piscivorus) en Amérique.
Gloydius : mocassin asiatique à tête triangulaire, plus de 20 espèces et plusieurs sous-espèces. Le genre est principalement répandu en Chine.
Lachesis : le « maître de la brousse ». 4 espèces en Amérique centrale et du Sud. Peut atteindre plus de 3,5 mètres. Le corps est massif et les crochets à venin peuvent atteindre 3,5 cm. Ces espèces fuient l’homme donc peu de morsure leur sont attribuées.
Trimeresurus : vipères arboricoles regroupant près de 50 espèces exclusivement asiatiques. Les espèces sont souvent considérées, à tort, comme non dangereuses. Répartition dans toute l’Asie. Chez le genre Bitis, la tête est ovale, le cou est marqué, l’œil est moyen à grand avec une pupille verticale elliptique. Le corps est cylindrique, il est recouvert d'écailles de petite taille. La queue est courte. Le maxillaire porte un seul crochet, long et canaliculé. Il est articulé sur l'ectoptérygoïde, ce qui lui permet de pivoter d'avant en arrière.
Les hémipénis sont divisés dès le pédoncule. Le sillon spermatique bifurque avant la séparation des lobes. Le corps est couvert d'épines disposées régulièrement et de décroissante vers l'apex. Ce dernier est lisse. Les dents canaliculées peuvent atteindre 5,5 cm chez B. gabonica.
Au total 18 espèces en Afrique et en Arabie. La vipère du Gabon est ovovivipare, la femelle pond entre 20 et 50 œufs par ponte. L'incubation est d'environ un an. Les bitis atteignent de 80 à 150 cm.
Bothrops : regroupe environ 45 espèces dont le « fer de lance » endémique de la Martinique. Elles sont réputées dangereuses, mais ce sont souvent des morsures d’individus surpris. Ces espèces chassent à l’affut. Comportement plutôt placide. Venin hémotoxique.
Echis : 11 espèces en Afrique du Nord et de l’Est, au Moyen-Orient en Asie centrale et du Sud. De 60 cm à 1 mètre. Elles se distinguent des vipères européennes par la taille de la tête et des yeux qui disposent d’une pupille verticale.

Crotalus basilicusCrotalinae
Crotalus (serpents à sonnette) plus de 40 espèces américaines.
Toutes les espèces sauf C. catalinensis, sont dotées, au niveau de la queue, de grandes écailles en anneaux qui augmentent à chaque mue : la crécerelle ou cascabelle.
Le venin est essentiellement hémotoxique bien que celui de C. scutukatus contient en plus des neurotoxines. Le venin permet en partie une classification phylogénétique. Des substances particulières comme les myotoxines et les crotamines (propres au venin des crotales) s'attaquent aux tissus musculaires. Espèces vivipares.
Trimeresurus : ce genre regroupe une cinquantaine de crotales de l’Inde, Népal et Asie du Sud-Est asiatiques. Espèces solénoglyphes(7) comme leurs « cousins » d‘Amérique, ne possédant pas de crécerelle.
Sistrurus (Crotales pygmées) : deux espèces en Amérique du Nord, S. catenatus à cheval sur la frontière USA-Canada à l’Est et S. miliarius au Sud, Texas, Floride et Mexique du Nord.


Après avoir fait le « tour d’horizons » des serpents, il nous reste à évoquer la règlementation pour la détention de ces espèces.

Arrêté du 18 octobre 2018
Il peut être détenu jusqu’à 25 serpents lorsque leur taille adulte est inférieure ou égale à 1,50 mètres, hors espèces figurant en annexe A du règlement (CE) n° 338/97 et espèces protégées en application de l’article L. 411-1 du code de l’environnement.
Il peut être détenu jusqu’à 10 serpents lorsque leur taille adulte est supérieure à 1,50 mètres, hors espèces figurant en annexe A du règlement (CE) n° 338/97 et espèces protégées en application de l’article L. 411-1 du code de l’environnement sans certificat de capacité et ouverture d’établissement.
Les espèces citées en annexe de cet arrêté demandent un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement à partir du premier spécimen détenu.

Arrêté du 21 novembre 1997 sur les espèces dangereuses.
La détention de tout animal figurant sur cette liste d’espèces dangereuses implique dans TOUS les CAS un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement avec un aménagement du local (porte de sécurité, sas d’entrée, judas, panneau d’avertissement).
Pour l’élevage amateur d’espèces en I/A (CW/CEE) le certificat de capacité et l’ouverture d’établissement est obligatoire à partir d’un seul spécimen.
Les espèces européennes sont protégées par la Convention de Berne de 1979. Les spécimens doivent être pucés en sous cutané dans le dernier tiers du corps côté gauche ou en intramusculaire dans le dernier tiers du corps sur la partie dorsale à gauche (Vétérinaire), La puce (transpondeur à radiofréquence) doit être enregistrée au fichier central (arrêté du 15 novembre 2018). Le détenteur doit être en possession d’un ticket de caisse d’un professionnel ou d’un certificat de cession faune sauvage captive. En cas de déplacement d’un animal protégé, un certificat intercommunautaire de circulation délivré par les DREAL départementales est obligatoire.


Glossaire
1 - Organe de Jacobson ou organe voméronasal : organe spécialisé dans la détection des phéromones.
2 - Prémaxillaire, maxillaire, pterygoïde, palatin et dentaire : éléments du massif osseux facial.
3 - Aglyphe : la mâchoire ne possède ni crochets à venin ni appareil venimeux.
4 - Diastema ou diastème : écartement entre deux dents normalement adjacentes
5 - Proteroglyphe : La mâchoire possède, à l’avant du maxillaire, un petit crochet fixe (glyphe), relié à la glande à venin. Ce crochet est toujours dans la même position, que la gueule soit ouverte ou fermée.
6 - Opistoglyphe : la mâchoire possède des crochets à venin qui sont situés dans la partie postérieure du maxillaire. Du fait de cette position, l’envenimation est rare sauf pour les espèces du genre Oxybelis qui peuvent ouvrir la gueule à 180°.
7 - Solénoglyphes : la mâchoire possède de longs crochets à venin mobiles sur l’avant du maxillaire. Ces crochets se replient lorsque la gueule se ferme et se redressent quand la gueule s’ouvre.


Bibliographie
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 Texte et photos : Robert Allgayer †

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