Usuge1L'épagneul de Saint-Usuge


On a retracé l’histoire de l’épagneul de Saint-Usuge à partir de l’action entreprise depuis 1947 par l’Abbé Billard que les « anciens » du Club ont surnommé « le Sauveur de la Race ».

 Usuge3Néanmoins les différents récits nous ramènent jusqu’aux « espaignolz » du XVIème siècle décrits par Gaston Phébus dans son « Livre de la chasse » et plus particulièrement aux chiens couchants, aux chiens de rets à poils longs réputés plus aptes à cet exercice qui résulte de la transformation du chien courant en chien d’arrêt, transformation à laquelle l’éducation de l’arrêt a imposé une habitude fonctionnelle devenue une seconde nature.

Ils venaient du Sud de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Ces épagneuls étaient réservés à la noblesse et peu répandus dans la population. L’arrêt n’était donc pas une qualité naturelle, ce qu’elle est devenue avec le temps à force de patience, réprimandes et récompenses.

« L’arrêt est, selon PIETREMENT, (anthropologue et vétérinaire en 1er aux Lanciers de la Garde Impériale), une lutte victorieuse de son sentiment du devoir contre la passion instinctive, primordiale qui le pousse à sauter sur le gibier ». Ce n’est qu’après la Révolution que ces chiens ont pu arriver en grand nombre dans nos campagnes. L’épagneul de Saint-Usuge a été conservé dans l’état originel des ces anciens épagneuls et ses maîtres ont su préserver ses qualités naturelles, comme le chien de Drente importé aux Pays-Bas par les Espagnols via la France avec lequel il partage toujours beaucoup de points communs et surtout celui d’avoir un sang sans apport de britannique, point sur lequel le Club est intransigeant. Son biotope particulier, celui de la Bresse lui a donné sa taille et ses qualités de chasse. Excellent chien de marais, bécassier et aujourd’hui performant sur tous les gibiers et tous les terrains, ses points forts sont la recherche du gibier mort ou blessé. Sa quête de chasse diffère également de celles des autres chiens d’arrêt comme le précise son standard de travail car il peut contrôler les émanations au sol.

Il faut également bien noter que contrairement aux chiens courants, la chasse aux chiens d’arrêt est une action qui se passe uniquement entre le maître et le chien et ceci depuis plusieurs siècles. Le chien d’arrêt avait déjà une place préférentielle auprès de la famille et en général n’était pas élevé en chenil. D’où ses qualités de chien de compagnie très proche de la famille de son maître.

Il a également souvent été prétendu que l’épagneul de Saint-Usuge avait du sang de petit épagneul de Münster mais les déclarations du très réputé cynologue allemand Von OTTO qui écrivait dans cette même revue « L’Eleveur » en juillet 1911 que « les arrière-ancêtres de nos épagneuls ne sont pas non plus tombés du ciel, ni ne sont d’une antique origine germanique; ils nous sont arrivés, jadis, de France avec les usages de cour et les modes de chasse ». A tout bien prendre, c’est donc tout le contraire car les épagneuls allemands ne seraient que des descendants des épagneuls français qui tout comme l’épagneul de Saint-Usuge se sont spécialisés en fonction des biotopes et des habitudes de chasse locales.

Il apparaît dans les expositions canines dès la première moitié du XXème siècle. Le nom d’épagneul de Saint-Usuge semble employé pour la première fois en 1932 par Paul MEGNIN dans sa revue L’Eleveur. Cette revue indique ses résultats dans les expositions de DIJON et EVIAN, en 1933, CHALON SUR SAONE, BEAUNE et CLUNY en 1934, BEAUNE encore en 1937. L’exposition de LOUHANS en 1936 nous apprend que 13 épagneuls de Saint-Usuge étaient engagés et plusieurs propriétaires présentaient plusieurs chiens.

A CHALON SUR SAONE, en 1934, M. Aimé VINCENT de SAINT-CLAUDE (39) présente une chienne appelée DIANE de Saint-Usuge mais ce nom d’épagneul de Saint-Usuge recèle une part de mystère non résolue à ce jour.

Usuge4Il était certainement plus répandu dans les campagnes bressanes que cela n’a été dit. En 1938 l’Entente Cynophile Française admet l’épagneul de Saint-Usuge dans la classification des chiens d’arrêt continentaux. Le standard devait être élaboré par sa Commission technique mais la seconde guerre mondiale n’a pas permis à ce standard d’être publié en ces temps troublés et lui a certainement empêché d’être reconnu par les instances nationales et internationales. Si cela avait été, ses tâches de brun auraient été conservées.

Différents standards de la race ont été écrits en 1936 par le docteur LONGIN, en 1991et 1995 par le Club de race non encore affilié à la SCC et en 2003 à l’occasion de sa reconnaissance comme race française. Le standard de 2003 a une version 2017 qui en est assez proche.

Reconnu par la SCC en 2003, c’est un chien très docile et facile à dresser (comme beaucoup d’autres races d’épagneuls). Il est très proche de son maître et sa famille est « sa meute ». Demandez à ses propriétaires s’ils voudraient l’échanger pour une autre race ?

......Mais revenons à l'histoire peu commune de la renaissance de cet épagneul bressan. Le jeune Robert Billard est nommé curé de Savigny en Revermont en 1939, une petite commune située entre la Saône et Loire et les premiers contreforts du Jura. Il est chasseur, passionné de bécasses, et il accompagne parfois quelques-uns de ses fidèles, découvrant ainsi l'épagneul de Saint-Usuge et ses qualités. Séduit par cette race, il décide d'en acquérir un mais la guerre éclate et notre abbé est fait prisonnier. A son retour de captivité, son idée toujours en tête, il se met à la recherche d'une chienne. Il interroge la Société Centrale Canine qui lui répond que la race a disparu. Qu'importe, l'abbé Billard ne se décourage pas pour autant et entreprend une tournée des fermes de la région. Son obstination est récompensée en 1947 quand il découvre une petite épagneul, POUPETTE, correspondant au standard de l'époque. Mais il n'a pas d'argent, et il est obligé de vendre sa montre en or. C'est son frère qui la lui rachète pour qu'elle reste dans la famille. De plus en plus content au fil de ses sorties, il décide de chercher un mâle, pensant évidemment à une future portée qu’il réalisera avec Dick à M. MOUREAU de MONTAGNY-Les-LOUHANS. L'abbé Billard commence alors un cahier d'élevage. Pendant 33 ans, 250 chiens verront le jour dans son presbytère, de longues années au cours desquelles le curé fera un travail de sélection qui permettra de sauver la race. Sélection sur des critères de beauté, mais aussi sélection des qualités de chasse, surtout pour la bécasse qui le passionnait. Il parait que certaines messes du dimanche étaient un peu courtes...les épagneuls attendant dans la 2CV Usuge 5camionnette derrière l'église ! Il élève sa dernière portée en 1978 et donne un chien pour la communion de sa fille à Serge BEY, ami de l’Abbé et amoureux des chiens en lui demandant de continuer le travail qu’il avait entrepris depuis 1947. Si l’Abbé a travaillé seul dans son presbytère, à l’inverse Serge BEY de par sa position de chef de district à l’ONF, connaissait beaucoup de monde. Très rigoureux dans la sélection, il sut conserver les qualités morphologiques et de travail de la race. Il organisa la première réunion des Saint-Usuge à l’occasion de la foire de MERVANS le 21 octobre 1989. Cette première sera le prélude à la création, en 1990, du Club de l'épagneul de Saint-Usuge, avec pour objectif de faire reconnaître officiellement la race par la Société Centrale Canine, ce qui arriva en 2003. On peut maintenant voir des épagneuls de Saint-Usuge dans beaucoup d'expositions canines et il est de plus en plus présent à l'étranger notamment en Allemagne, en Hollande et en Suisse. Il commence à être connu et reconnu comme race dans les pays scandinaves, Finlande, Danemark ainsi qu’en Suisse, en Italie et en Espagne et possède donc des Livres des Origines spécifiques à tous ces pays.

Depuis 2003, le Club de l’Epagneul de Saint-Usuge est affilié à la Société Centrale Canine et fonctionne dans les structures imposées par celle-ci.

Le Club organise tous les ans une Nationale d’Elevage et la race est présente à l’Exposition des Championnats de France. Ces deux manifestations donnent accès au titre de Champion de France de la race et nous en avons aujourd’hui 6. Il organise également des Régionales d’Elevage en France et à l’étranger.

Un Test d’Aptitudes Naturelles est organisé tous les ans depuis de nombreuses années à DEVROUZE (71). Cette épreuve sert à vérifier ses qualités naturelles, celles qui sont innées et qui ne dépendent d’aucun dressage. Les examinateurs vérifient l’instinct de la chasse par l’ardeur de la quête, la faculté du chien à marquer un arrêt puisque sa vocation est d’être avant tout un chien d’arrêt et sa réaction au coup de feu généralement tiré avec un pistolet d’alarme, sa réaction ne devant exprimer aucune crainte.

Des épreuves de travail, (field-trial), épreuves très codifiées et qui, elles, nécessitent quelques heures de dressage afin d’arriver au résultat espéré, ont été organisées en Saône et Loire et dans l’Ain. Il existe également des épreuves appelées BICP, Brevet International de Chasse Pratique, qui comportent un travail en plaine et à l’eau. Ce type d’épreuves est noté suivant un barème dans lequel le zéro est éliminatoire au contraire du field-trial pour lequel le juge ne se basera que sur les performances du chien qu’il aura constaté de visu. Les résultats dans ces épreuves sont obligatoires afin de pouvoir valider, pour tous les chiens d’arrêt, les divers titres de champions.

Usuge6La gestion des adhérents et des chiens est assurée par l’informatique du Club. Le fichier chiens permet de conseiller les propriétaires de géniteurs dans leurs choix afin d’éviter la consanguinité. D’ailleurs, pour notre race, « à faible effectif », ce taux de consanguinité est très bas ce qui permet un brassage génétique important et la préservation des qualités intrinsèques de notre épagneul.
Le Club est géré par un Conseil d’Administration qui oriente les actions de sélection. Dans les régions ou départements, des délégués sont chargés de promouvoir la race. Des actions viennent d’être engagées récemment avec eux pour y parvenir.

Si l'épagneul de Saint-Usuge connait un réel succès auprès des chasseurs, c'est dû à ses qualités exceptionnelles de chien d'arrêt et particulièrement pour la recherche de la bécasse. Il est courageux et broussailleur. Sur le terrain, il n'est jamais loin, ce qui est agréable, car il a le souci permanent de garder le contact avec son maître. Il est très utilisé aussi pour le gibier d'eau. C'est un chien facile à dresser, assez sensible, et une voix ferme suffira à lui faire comprendre ce qu'on attend de lui. A la maison, c'est un extraordinaire compagnon, souvent même trop affectueux, et qu'on peut amener partout. On le laisse en toute confiance avec les enfants.

Le Club possède un site internet : http://www.epagneuldesaintusuge.org/ ainsi qu’un autre site sur le portail de la Société Centrale Canine et est également présent sur Facebook sur lesquels vous pourrez consulter les standards et divers renseignements,articles, documents à télécharger concernant et l’épagneul de Saint-Usuge et le Club.

Un livre est également disponible via le site internet du Club dans lequel vous pourrez retrouver de nombreuses informations sur le chien en général, la race, les Hommes qui ont œuvré pour sa renaissance et la cynophilie.


Usuge2LE STANDARD SCC DE L’EPAGNEUL DE SAINT-USUGE


ORIGINE : France
DATE DE PUBLICATION : 9 OCTOBRE 2003
UTILISATION : CHIEN D’ARRET
CLASSIFICATION FCI : GROUPE 7 Chiens d’arrêt continentaux
Type EPAGNEUL
Avec épreuve de Chasse

ASPECT GENERAL : Chien d’arrêt de type Epagneul au poil mi-long, souple, plat et soyeux, d’un ensemble harmonieux et élégant. C’est un chien médioligne, bien musclé et résistant, docile et au regard doux. Ses allures sont souples et régulières, d’une amplitude moyenne.

PROPORTIONS IMPORTANTES : Chien qui s’inscrit dans un rectangle, dans les proportions de 9 à 10. (9 hauteur au garrot, 10 longueur de corps)

COMPORTEMENT / CARACTERE : D’un naturel doux, docile, équilibré, affectueux, d’une grande sensibilité, sans crainte du gibier, attentif et passionné, il est facile à dresser.

TETE : En rapport avec la taille du chien et le sexe. Lignes de crâne et du chanfrein divergentes.

REGION CRANIENNE :
Crâne : légèrement bombé, de largeur moyenne.
Stop : bien visible ; plus marqué chez le mâle que chez la femelle.

REGION FACIALE
TRUFFE Pigmentation marron en harmonie avec la robe. Les narines sont bien ouvertes.
MUSEAU Droit, de longueur sensiblement égale au crâne.
LEVRES Bonne pigmentation dans la couleur de la robe ; peu développées mais suffisamment descendues pour ne pas rendre le museau pointu. Elles doivent bien couvrir la denture
MACHOIRES/DENTURE/DENTS Mâchoires présentant un articulé en ciseaux, c'est-à-dire que la face postérieure des incisives est en contact étroit avec la face antérieure des incisives inférieures. Les dents étant implantées à l’équerre dans les mâchoires ; 42 dents selon la formule dentaire.
YEUX Ronds, bien ouverts et non saillants, avec un regard vif, de couleur noisette (nuance foncée recherchée). Les paupières qui épousent bien la forme du globe oculaire ont les bords bien pigmentés.
OREILLES Implantées au dessous de la ligne de l’œil. Plates, triangulaires, bien frangées, la frange atteignant l’extrémité du museau.

COU : Court et puissant, sans fanon.

CORPS
LIGNE DU DESSUS Droite.
GARROT Marqué.
DOS Bien soutenu et musclé.
REINS De longueur moyenne et bien musclés.
CROUPE Courte, donnant l’aspect d’un petit chien râblé.
POITRINE Large et bien développée dans ses trois dimensions, côtes arrondies sans exagération.
LIGNE DU DESSOUS Remontant légèrement vers l’arrière.
QUEUE Atteignant le niveau du jarret, frangée et garnie d’un beau panache blanc. Elle n’est pas écourtée et elle est portée en lame de sabre.
MEMBRES
MEMBRES ANTERIEURS (AVANT-MAIN) : Vus de face droits et parallèles. Vus de profil bien placés sous le corps.
Le bras et l’avant-bras sont de longueurs sensiblement égales.
EPAULE Bonne angulation, forte et bien musclée.
BRAS Bien musclés et secs, garnis d’une frange.
COUDES Bien collés au corps, ni déviés en dehors, ni tournés en dedans.
AVANT-BRAS D’aplomb, d’une ossature forte.
CARPE Robuste.
METACARPE Légèrement incliné vu de profil.
PIEDS ANTERIEURS Garnis de poils. Parallèles à l’axe longitudinal du corps, allongés, non écrasés, moyennement serrés. La sole est bien nourrie. Les ongles sont solides et de couleur foncée.

MEMBRES POSTERIEURS (ARRIERE-MAIN) : Vus de derrière, d’aplomb et parallèles. Bonne ossature.
CUISSES Plates, longues, bien descendues, non gigotées saillants.
GRASSETS Forts, bien angulés.
JAMBES Longues, moyennement musclées.
JARRETS Bien angulés et secs.
METATARSES Inclinés sans exagération, de longueur moyenne.
PIEDS POSTERIEURS Garnis de poils. Parallèles à l’axe longitudinal du corps, allongés, non écrasés, moyennement serrés. La sole est bien nourrie. Les ongles sont solides et de couleur foncée.

ALLURES : Souples, régulières, d’une amplitude moyenne mais cependant fières et harmonieuses.

PEAU : Marbrée de taches marron, elle épouse le corps sans former de plis.

ROBE
POIL Mi- long, légèrement ondulé, bien fourni sur tout le corps. Le poil de la tête est plus court ainsi que celui des membres qui sont bien frangés. Les oreilles et la queue sont bien frangées. Le poil du poitrail est bien fourni et la ligne du dessous est soulignée par une frange.
COULEUR DU POIL Bicolore. Marron panaché blanc sans plages de couleur blanche ; avec ou sans étoile blanche au front à l’âge adulte (les chiots naissent tous avec une étoile blanche au front qui peut disparaître à l’âge adulte).
TAILLE
HAUTEUR AU GARROT Mâles : de 0.45 à 0.53m Femelles : 0.41m à 0.49m

DEFAUTS
Tout écart par rapport à ce qui précède doit être considéré comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité.

DEFAUTS GRAVES
* Museau court, étroit ou pointu.
* Paupières très lâches
* Dos ensellé ou carpé.
* Croupe surélevée.
* Sternum trop court.
* Coudes fortement déviés en dehors ou tournés en dedans.
* Jarrets clos, jarrets de vache ou en tonneau, aussi bien en station debout qu’en mouvement.
* Sujet qui va à l’amble.
* Allures raccourcies, démarche raide.

DEFAUTS ELIMINATOIRES
* Faiblesse de caractère, peur du coup de feu ou du gibier.
* Prognathisme supérieur ou inférieur, mâchoire déviée.
* Dents manquantes à part les P1.
* Entropion, ectropion.
* Queue courte de naissance, fouet dévié ou cassé, ou chien naissant anoure.
* Défauts de pigmentation.
* Yeux vairons (hétérochromie).
* Toute robe différente au standard, robe tricolore, plages blanche.

N.B. Les mâles doivent avoir deux testicules d’apparence normale, complètement descendus dans le scrotum.


Pour tout renseignement vous pouvez :
• Appeler le responsable de l’Information Frédéric DORIER - Tel : 06 24 34 65 90
• Nous contacter via l’adresse mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
Vous pouvez, ci-dessous, prendre connaissance du standard de l’épagneul de Saint-Usuge, standard qui a également été publié en anglais, italien, espagnol.

Jean-Pierre DUVERNE Bernard DESORMEAUX
Président Vice-président

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