ConureVignetteLa Conure soleil dans les élevages


La conure soleil est listée par l’I.U.C.N. comme « en danger d’extinction ». Bien qu’elle ait toujours eu une aire de répartition assez réduite, c’était une espèce relativement commune et de grands groupes étaient régulièrement observés dans les zones de forêts sèches que cet oiseau affectionne.

Conure1Ainsi, durant le XIXè siècle, les explorateurs rapportaient des cas de groupes contenant plusieurs centaines d’individus (et certains pouvaient certainement atteindre le ou les milliers d’individus). Depuis les années 1970, ce perroquet a énormément souffert du braconnage avec des centaines, voire des milliers de spécimens capturés chaque année pour nourrir le trafic animalier, cette espèce étant très populaire en raison de ses couleurs vives.
Ainsi, l’espèce est désormais extrêmement rare, voire disparue de la majeure partie de son aire de répartition. La population guyanaise a été jugée proche de l’extinction en 2004, mais malgré cela, on trouve encore un groupe comprenant près de 200 individus dans le sud du pays et dans la province de Roraima.
On estime aujourd’hui la population totale de conures soleil à 2500 spécimens au maximum et les scientifiques pensent que plus de 90% des effectifs de cet oiseau sont présents au Brésil. Un récent rapport par des scientifiques brésiliens est très alarmant, car ils estiment que la population totale restante de conures soleil au Brésil serait de moins de 1000 individus, revoyant ainsi nettement à la baisse (de plus de moitié) le nombre total de conures soleil à l’état sauvage.
Les conversationnistes pensent aujourd’hui que la capture de spécimens pour alimenter le trafic est toujours la principale cause de déclin des populations de cette espèce et que le trafic local est probablement nettement sous-estimé. À cela s’ajoute la déforestation de nombreuses zones où vivaient autrefois des conures soleil. Aujourd’hui, l’espèce n’est connue que de neuf localités et sa population continue de décliner de façon inquiétante, faisant craindre l’extinction totale de cette espèce dans la nature d’ici quelques décennies tout au plus si rien n’est fait pour stopper cette tendance.

Conure2Mode de vie sociale
Oiseau grégaire, doit être détenu au minimum en couple ou par paire de même sexe. Détention en colonie possible.

Apparence
Les Conures Soleil sont des oiseaux sublimes de par leurs couleurs vives et harmonieuses. À dominante jaune avec des zones orangées plus ou moins étendues au niveau de la tête de du ventre. Les couvertures primaires et secondaires et les rémiges sont vertes aux extrémités bleues. Les cercles oculaires sont blancs, les iris bruns, le bec noir et les pâtes grisâtres. Les jeunes sont principalement verts et prennent leurs couleurs d’adulte après leur première mue qui est progressive à plus ou moins un an.

Comportement
Ils sont aussi beaux que bruyants, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas être maintenus n’importe où, en prévention d’éventuels conflits de voisinage… Leur cri d’alarme est perçant ! Ce sont des oiseaux qui peuvent être criards bien que calmes la majorité de la journée. Intelligents et extrêmement curieux de tout changement apporté à leur environnement, ils aiment explorer, gruger et faire les clowns (se suspendre à une patte, avoir la tête en bas,...). Ils deviennent rapidement confiants vis-à-vis de leur soigneur. Ils aiment se baigner quotidiennement ou être douchés avec un pulvérisateur par exemple. Ils savent se montrer très territoriaux vis-à-vis des intrus et font preuve de postures d’intimidation pour défendre leur domaine mais n’attaqueront que rarement. Le nid est utilisé comme dortoir et pour la reproduction. Faciles d’entretien et à reproduire, ils peuvent faire une à deux couvées par an.

Conure3Conure4Reproduction
Oiseaux sexuellement matures entre 24 mois et 36 mois. Période de reproduction principalement à partir du début du printemps. Ponte de deux à cinq œufs par couvée. La durée d’incubation se situe entre 22 et 25 jours. La couvaison peut commencer dès la ponte du premier œuf. Les jeunes sortent du nid aux alentours de huit semaines et il est raisonnable de compter un bon mois de plus pour leur sevrage. Il est recommandé de laisser les jeunes avec les parents encore quelques semaines après sevrage.

Conditions d’hébergement
• Volière
Dimensions minimum HxLxP/2x1x2 m, convient jusqu’à quatre oiseaux (hors reproduction). Grillage 19x19x1.45 mm.
• Cage (seule) : Dimensions minimum HxLxP/80x50x80 cm, convient jusqu’à deux oiseaux s’ils vivent en semi-liberté. Sinon cet espace est insuffisant au vol. Espacement des barreaux ≤10 mm, épaisseur ≥ 1.5 mm. Au moins deux côtés avec barreaux horizontaux.
   - Ne pas exposer la cage/volière en plein soleil aux heures les plus chaudes de la journée.
   - Ne pas exposer la cage/volière aux vapeurs et émanations de gaz potentiellement toxiques : cuisine, pierrade, B.B.Q., véhicule à moteur, etc.
• Aménagement cage/volière :
   - Jeux et jouets pour oiseaux dont éléments à gruger. Attention aux jeux de chaînes que les perroquets peuvent ouvrir et se coincer dans le bec, la gorge ou la bague et aussi aux jeux en corde qui peuvent s’effilocher à surveiller de très très près ... L’oiseau peut se retrouver pendu et en mourir sans arriver à se libérer. Des branches fraîches données régulièrement sont l’idéal.
   - Perchoirs en bois fixes ou mobiles sont appréciés. À renouveler selon leur état.
   - Nid bois (LxPxH) : 250x300x400 mm ou 300x300x400 mm, trou d’envol 80 mm, 5 cm de copeaux naturels de hêtre n°8 en fond de nid. Le nid est requis car ils y passent la nuit même hors période de reproduction.
   - Gamelles pour nourriture : une gamelle par type d’aliments distribués. Les gamelles en inox sont très pratiques et faciles d’entretien.
   - Si l’eau est distribuée avec un biberon, prévoir de mettre une coupelle d’eau pour que les oiseaux puissent se baigner s’ils le souhaitent.

Conure5Alimentation
- Eau fraîche, non souillée, à volonté. Abreuvoir biberon recommandé type bille ou tétine à lapin après adaptation, sinon changer a minima l’eau une fois par jour.
- Mélange de graines pour grandes perruches, de qualité prémium préférentiellement, additionné d’alpiste pour arriver à une teneur de 30% à 35% pour cette graine. Un peu de mélange perroquet en complément. Quantités à adapter fonction des saisons car on donne une alimentation plus riche pendant la saison froide et on peut la compléter également pour la période de reproduction/élevage.
- Extrudés de Marque Zupreem® FruitBlend taille M, à volonté.
- Pommes, kiwi & poivrons coupés en dés ou autres légumes/fruits. À distribuer au moins deux fois par semaine. Adapter la ration pour une journée, retirer en fin de journée ce qui n’aura pas été consommé.
- Plantes/fleurs du jardin & baies sauvages diverses, lavées avant distribution : bourse à pasteur, pissenlit, mouron, chardon, coquelicot, plantain, séneçon, sureau noir, sorbier des oiseaux, pyracantha, lilas, acacias, …
- Autres fruits et légumes : fréquence de distribution selon saison et disponibilité.
- Millet rouge ou jaune en grappe : une fois par semaine.
- Grit en bloc/poudre ou bloc minéral spécial perruches/perroquets, à volonté.

NE PAS DONNER
Avocat, rhubarbe, pomme de terre crue, chocolat, pas de produit salé et, d’une manière générale, tout ce qui se trouve dans votre assiette

Conure6Prévention des maladies (Prophylaxie)
Éviter le stress des oiseaux ! C’est le premier « agent » pathogène à considérer car souvent à l’origine de la déclaration de nombreuses maladies.
Assurer un suivi des règles d’hygiène et d’entretien des oiseaux.
   *  Hygiène stricte des installations et période de quarantaine pour tous les nouveaux oiseaux arrivant dans l’élevage.
   *  Dépistage de maladies en cas de doute sur l’origine d’un oiseau et de son élevage.

Une observation quotidienne distante des oiseaux pour noter tout signe de maladies, tout ce qui paraît anormal : yeux, peau, plumes, fientes, souillures, respiration, pattes, troubles nerveux, paralysie, traumatismes,
amaigrissement, manque d’appétit, perte activité, posture, etc. En cas de doute, isoler l’oiseau en « cage hôpital » et l’amener rapidement chez un vétérinaire aviaire ou NAC.

Prévoir un traitement annuel contre les parasites internes. Dans l’idéal, effectuer (ou faire réaliser) une coprologie échantillonnée sur les fientes fraîches pour détecter la présence d’œufs, ne traiter que si nécessaire. Adapter le traitement selon les recommandations du vétérinaire.


Marie Vallier

Pierre de Chabanne - Consultant scientifique (zoologie, taxonomie, conservation) pour National Geographic U.S.A. et freelance, Photographe reporter indépendant, Fondateur de www.pierrewildlife.com


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Etude et Préservation des Psittacidés Sud-Américains
35, avenue Alsace-Lorraine 38110 La-Tour-du-Pin

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