Fundulopanchax scheeliLes Killies - Initiation à une spécialisation passionnante


Le mot killie vient du vieil hollandais « kil » qui signifie « petit ruisseau ». Mais on retrouve aussi l’appellation killis.

Les killies appartiennent à l’ordre des Cyprinodontiformes, en compagnie d’espèces très connues des aquariophiles (guppys, …) qui se caractérisent notamment par une caudale symétrique et un dimorphisme sexuel marqué. Ce nom est donné à tous les cyprinodontes ovipares et regroupe les Nothobranchidae, Aplocheilidae, Aplocheilichthyinae (sous-famille de Poecilidae), Cyprinodontidae, Empetrichthinae (sous-famille de Goodeidae), Fundulidae, Oxyzygonectinae (sous famille d’Anablepidae), Profundulidae et Valenciidae.

KilliesBotopeLes Killies vivent dans les régions tropicales et intertropicales.
Ce sont des petits poissons robustes, de forme fuselée, plus ou moins cylindrique et généralement très colorée, surtout chez les mâles. Les nageoires sont ornées de couleurs vives réparties selon un patron plus ou moins spécifique : bandes, stries, lisérés, points, macules, flammules, et taches de tailles et couleurs diverses. La présence de Killies en aquarium n’est pas récente mais ils ne font pas partie des poissons « à la mode ». On ne trouve que peu d’espèces régulièrement importées et reproduites. C’est avant tout une famille prisée des spécialistes.

Généralement les Killies annuels vivent dans des petits cours d’eau forestiers dont la largeur ne dépasse pas trois ou quatre mètres ou dans des « marigots » de quelques m2 au plus. La profondeur va jusqu’à à 50 cm, pas mal d’espèces s’accommodent bien d’une faible hauteur d’eau et vivent volontiers dans des flaques profondes de cinq à dix cm.
Aphyosemion campomaanenseL’eau et généralement douce et acide, mais la végétation qui s’y décompose peut parfois la colorer. Le pH est très bas, généralement compris entre 5 et 6,5 et le KH entre 1 et 4. Dans certaines régions montagneuses ou volcaniques, sur les flancs du Mont Cameroun par exemple, le pH peut être neutre ou légèrement alcalin et la dureté peut grimper jusqu’à 5-7 KH. Le taux de nitrates est très faible voire inexistant

Deux grandes catégories sont à distinguer :
   · Les Killies non annuels vivant dans des milieux où l'eau est toujours présente. Le développement des œufs se fait dans l'eau ou dans un substrat humide. (environ trois ans de vie) ;
  Pseudoepiplatys annulatus · Les Killies annuels vivant dans des milieux subissant une période d'assèchement total. La ponte se déroule dans le sol et les œufs éclosent à la saison des pluies suivante (environ un an de vie).

Dans les bacs de vente, les Killies sont ternes et peu mis en valeur.
Les commerçants ne les tiennent que rarement à disposition, à cause de leur courte durée de vie et de leurs besoins spécifiques en eau : il faut les commander spécialement, ou … aller les chercher sur place !
Plus simplement on peut les acquérir auprès d’un éleveur. Il est possible de trouver de jeunes poissons ou des œufs à vendre dans les bourses aquariophiles, les congrès ou dans les clubs.
L’élevage demande un bac spécifique, c’est-à-dire un aquarium pour une seule espèce. Un espace vital réduit leur convient, nul besoin de grands aquariums.

Lamosemion agilaeLes paramètres de l’eau doivent être contrôlés régulièrement.
On vise un pH compris entre 5,5 et 7 et une dureté de 2 à 8 dGH. Il est généralement nécessaire d’employer de l’eau osmosée ou une eau de source très peu minéralisée pour obtenir ces valeurs, l’eau du robinet étant presque toujours trop dure pour des bacs peuplés de Killies. (sauf pour les Nothobranchius) La température normale d’une pièce chauffée est suffisante ; grâce à l’éclairage (attention ces poissons n’aiment pas trop les lumières fortes) et à la chaleur dégagée éventuellement par le moteur d’un petit filtre, l’eau atteint sans problème 20 ou 22 °C. Si elle est plus chaude, vers 26 °C, leur métabolisme s’accélère et leur durée de vie est raccourcie. Pendant les chaleurs estivales, on court le risque de perdre des poissons si la température monte trop haut et si l’oxygénation n’est pas suffisante.
Notobranchius racoviUn renouvellement partiel mais fréquent de l’eau du bac est indispensable et garantit une bonne hygiène.

Si le bac est planté, et légèrement éclairé il ne devrait pas avoir besoin de filtration. Un changement hebdomadaire de 30% du volume est suffisant si la population est de trois individus pour 15 à 20 litres.
Il vaut mieux éviter la nourriture sèche, la nourriture vivante (artémias, daphnies, vers de vase …) étant nettement préférable.



FFA logoChristophe Schann - Frédéric Salmeron

Fédération Française d'Aquariophilie

 

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