La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a adopté à l’unanimité, le 24 septembre 2025, le rapport d’information de Guillaume Chevrollier relatif aux
moyens de renforcer l’efficacité de la lutte contre le trafic d’espèces sauvages et protégées.
À la veille de la COP20 Cites, forte du constat que ce sujet était aussi préoccupant qu’absent du débat public, la commission a voulu mettre en lumière les enjeux et les risques que fait peser la croissance continue du trafic d’espèces sauvages et protégées. En dépit des instruments de droit international et de la forte mobilisation douanière, cette criminalité conjuguant profits élevés et risques plus faibles que d’autres activités illicites prospère. Nous avons jusqu’à présent échoué à endiguer les flux que ce trafic charrie et à trouver les réponses adéquates pour réagir face à ce phénomène multifactoriel, tentaculaire, adaptatif et transnational.
Réussir ce défi permettra de concentrer les moyens douaniers sur la lutte contre le narcotrafic. Ce commerce illicite est porteur d’enjeux insoupçonnés : risques sanitaires majeurs pour la santé humaine et animale, contribution à l’érosion de la biodiversité, financement de réseaux criminels, perturbations écosystémiques menaçant les ressources vivrières des communautés locales… En raison de sa forte connectivité avec le reste du monde et des flux massifs de voyageurs arrivant sur son territoire, la France est particulièrement exposée aux risques que fait peser ce trafic. Les volumes d’animaux vivants et de produits carnés importés sont significatifs au point que la lutte contre le trafic d’espèces sauvages est devenue une course contre la montre pour éviter qu’un risque de zoonose ou l’épizootie survienne. Nous ne pouvons plus faire l’économie d’une stratégie plus efficace, plus ferme et mieux concertée pour y faire face. La logique d’interception douanière qui a longtemps prévalu est désormais à bout de souffle : nous devons changer de dimension et activer sans tarder des solutions fondées sur la prévention, la sensibilisation et la coopération internationale pour tarir les flux, à tous les stades amont de l’arrivée sur le territoire. Ce changement de doctrine exigera une adaptabilité constante de notre réponse aux menaces identifiées, une coordination sans faille des forces de l’ordre et un investissement dans des solutions techniques d’aide à la détection des produits illicites.
La commission estime qu’il découle de notre devoir de vigilance face aux menaces sanitaires d’oeuvrer par tous les moyens dont dispose la puissance publique à la réduction drastique de l’ampleur du phénomène. Pour ce faire, elle a adopté 18 recommandations visant à orienter les acteurs de la lutte contre ce trafic et refondre en profondeur une action publique lacunaire, qui intervient trop tard, de manière trop peu dissuasive et insuffisamment coordonnée.
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(Extrait du rapport)




